Sénégal : Diamba Sud, le pari de Fortuna Mining pour renforcer la carte aurifère du pays d’ici 2028.
Un projet minier qui confirme l’attractivité du Sénégal dans l’or ouest-africain
Le Sénégal continue d’attirer les grands acteurs internationaux du secteur minier. La société canadienne Fortuna Mining Corp projette de lancer la production d’or de son projet Diamba Sud, situé dans la région de Kédougou, au plus tard au deuxième trimestre 2028.
Cette annonce intervient après la finalisation de l’étude de faisabilité du projet, publiée le 29 juin 2026, qui confirme la viabilité économique et technique d’un gisement considéré comme prometteur dans une zone déjà reconnue pour son potentiel aurifère.
Une mine à ciel ouvert au modèle industriel classique mais performant
Le projet Diamba Sud repose sur un modèle de mine à ciel ouvert, associé à une usine de traitement utilisant le procédé Carbon-in-Leach (CIL), une technologie standard dans l’exploitation de l’or à grande échelle.
Selon les données techniques, la mine afficherait :
- une durée de vie estimée à 9,4 ans ;
- une production moyenne de 116 000 onces d’or par an sur toute la période ;
- un pic de production de 158 000 onces par an durant les quatre premières années, correspondant aux zones les plus riches du gisement.
Ces performances placent le projet dans la catégorie des actifs miniers solides pour un opérateur de taille intermédiaire comme Fortuna Mining.
Près de 400 millions de dollars d’investissement initial
Le développement complet du projet nécessitera un investissement estimé à 397,5 millions de dollars américains.
Pour sécuriser le calendrier, Fortuna Mining a déjà engagé environ 73 millions de dollars pour les premières étapes préparatoires, notamment :
- les infrastructures d’accès au site ;
- l’extension du camp de base ;
- les études d’ingénierie détaillées ;
- les consultations techniques pour les équipements industriels ;
- la planification des installations de traitement.
Cette phase préliminaire vise à accélérer le passage à la construction dès validation réglementaire.
Une rentabilité soutenue par un contexte favorable du marché de l’or
L’étude économique du projet repose sur un scénario de prix de l’or fixé à 3 500 dollars l’once, un niveau élevé qui reflète les tensions et incertitudes persistantes sur les marchés mondiaux.
Dans ce contexte, Diamba Sud affiche des indicateurs financiers robustes :
- une valeur actuelle nette (VAN) estimée à environ 1 milliard de dollars après impôts ;
- un taux de rentabilité interne (TRI) proche de 60 % ;
- un retour sur investissement rapide, estimé dans les premières années de production.
Ces chiffres expliquent l’intérêt stratégique du projet pour Fortuna Mining, qui y voit un levier de croissance important en Afrique de l’Ouest.
Une décision encore suspendue au permis d’exploitation
Malgré ces perspectives favorables, le projet reste conditionné à une étape clé : l’obtention du permis d’exploitation délivré par l’État sénégalais.
La demande a été déposée en février 2026, après validation des études environnementales et techniques. Une fois ce feu vert obtenu, Fortuna prévoit :
- le lancement des travaux de construction au quatrième trimestre 2026 ;
- puis une montée en puissance progressive jusqu’à la première production, attendue en 2028.
Kédougou, un pôle minier stratégique en pleine montée en puissance
La région de Kédougou s’impose progressivement comme l’un des principaux pôles aurifères d’Afrique de l’Ouest, aux côtés des bassins miniers du Mali et du Ghana.
L’arrivée de nouveaux projets industriels comme Diamba Sud pourrait renforcer :
- les recettes minières de l’État ;
- la création d’emplois directs et indirects ;
- le développement d’infrastructures locales ;
- et l’attractivité du Sénégal auprès des investisseurs miniers internationaux.
Une dynamique minière qui dépasse le seul cadre national
Au-delà du Sénégal, le projet s’inscrit dans une dynamique régionale marquée par la montée en puissance de la production industrielle d’or en Afrique de l’Ouest.
Dans ce paysage concurrentiel, les entreprises minières privilégient les projets disposant à la fois :
- de ressources géologiques confirmées ;
- d’un cadre réglementaire stable ;
- et d’une rentabilité élevée.
Diamba Sud coche ces trois critères, ce qui explique l’intérêt stratégique qu’il suscite déjà.
Un projet solide, mais encore en phase d’arbitrage
Avec une entrée en production visée pour 2028, Diamba Sud représente un projet structurant pour le secteur minier sénégalais.
Mais entre les projections financières et la réalité industrielle, une étape demeure décisive : la validation finale des autorités.
Si elle est confirmée, ce projet pourrait non seulement renforcer la position du Sénégal dans l’or africain, mais aussi consolider la place de Kédougou comme l’un des futurs hubs miniers majeurs de la sous-région.
La Rédaction



