Côte d’Ivoire : Vers une sortie progressive de la liste grise du GAFI après 18 mois de réformes soutenues.
Le pays enregistre des avancées notables dans la lutte contre le blanchiment de capitaux, ouvrant la voie à une possible sortie du dispositif de surveillance renforcée du GAFI
La Côte d’Ivoire poursuit sa montée en conformité dans le dispositif international de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Après environ 18 mois de réformes intensives, le pays affiche des progrès jugés significatifs dans le cadre du Groupe d’action financière (GAFI), ce qui alimente l’hypothèse d’une future sortie de la liste grise.
Actuellement, la Côte d’Ivoire figure toujours sur la liste des juridictions sous surveillance renforcée du GAFI, un statut qui implique un suivi rapproché des réformes engagées. Selon les dernières mises à jour du GAFI, le pays est engagé dans un plan d’action structuré visant à combler ses déficiences stratégiques.
Une inscription récente qui a accéléré les réformes
La Côte d’Ivoire a été inscrite sur la liste grise en octobre 2024, rejoignant plusieurs pays engagés dans un processus de mise à niveau de leurs dispositifs financiers.
Cette inscription a déclenché un programme de réformes accélérées portant sur :
- le renforcement de la supervision du secteur financier ;
- l’amélioration de la transparence des bénéficiaires effectifs des entreprises ;
- le renforcement des mécanismes de déclaration des opérations suspectes ;
- et l’intensification des enquêtes et poursuites liées aux flux financiers illicites.
L’objectif est clair : répondre aux standards internationaux du GAFI afin d’éviter les restrictions financières et préserver l’attractivité du pays.
Des progrès jugés significatifs par les évaluations internationales
Les rapports successifs du GAFI indiquent que la Côte d’Ivoire a réalisé des avancées notables dans la mise en œuvre de son plan d’action, notamment depuis 2025.
Parmi les progrès relevés figurent :
- un renforcement du cadre légal et réglementaire en matière de LBC/FT ;
- une amélioration de la coopération entre les autorités judiciaires et financières ;
- une meilleure utilisation du renseignement financier ;
- et des efforts accrus pour identifier les flux financiers suspects.
Ces évolutions traduisent une dynamique de réforme continue visant à améliorer la conformité du système financier ivoirien.
Une sortie de la liste grise encore conditionnée
Malgré ces avancées, la sortie du dispositif reste conditionnée à l’achèvement complet des engagements pris auprès du GAFI.
Le pays doit encore démontrer :
- une application durable des sanctions financières ;
- une augmentation des enquêtes et poursuites liées au blanchiment ;
- une meilleure traçabilité des bénéficiaires réels des sociétés ;
- et une consolidation du système de supervision basé sur les risques.
Le GAFI rappelle que les pays placés sous surveillance renforcée restent soumis à un suivi régulier jusqu’à la résolution complète des insuffisances identifiées.
Un enjeu économique majeur pour la Côte d’Ivoire
Au-delà de la dimension technique, le statut sur la liste grise a des implications économiques directes.
Une sortie du dispositif permettrait notamment :
- de réduire les coûts de conformité pour les banques et investisseurs ;
- de renforcer la confiance des partenaires internationaux ;
- de fluidifier les transactions financières transfrontalières ;
- et d’améliorer l’attractivité du pays auprès des capitaux étrangers.
À l’inverse, un maintien prolongé pourrait entraîner des contraintes supplémentaires sur les flux financiers et les relations bancaires internationales.
Un signal fort pour la place financière ivoirienne
Les réformes engagées témoignent de la volonté des autorités ivoiriennes de consolider la crédibilité du système financier national.
Dans un contexte de transformation économique et de forte dépendance aux investissements privés, la conformité aux standards internationaux devient un enjeu stratégique majeur.
Les autorités misent ainsi sur une amélioration continue du cadre réglementaire pour repositionner la Côte d’Ivoire comme une place financière stable et fiable en Afrique de l’Ouest.
Un compte à rebours sous conditions
Après 18 mois de réformes, la Côte d’Ivoire se rapproche progressivement des conditions requises pour une sortie de la liste grise du GAFI. Mais cette perspective reste conditionnée à la poursuite et à l’achèvement complet des engagements en cours.
Si les progrès sont réels et reconnus, le processus demeure technique, exigeant et strictement encadré.
Dans ce domaine, la victoire ne se proclame pas : elle se valide dossier après dossier, réforme après réforme. Et pour Abidjan, le dernier kilomètre vers la sortie dépendra autant de la rigueur institutionnelle que de la constance dans l’exécution des réformes.
La Rédaction



