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Burkina Faso : Ouagadougou plaide pour une assurance plus inclusive afin d’élargir la protection financière des Africains.

La FIAC ouvre un débat stratégique sur l’avenir de l’assurance en Afrique

Le Burkina Faso veut faire de l’assurance un véritable levier d’inclusion financière et de résilience économique. À l’occasion de l’ouverture de la 16e Assemblée générale de la Fédération interafricaine des assureurs conseils (FIAC), organisée à Ouagadougou, les autorités burkinabè ont réaffirmé leur engagement en faveur d’une démocratisation de l’accès aux services d’assurance à travers le continent.

Cette rencontre continentale intervient dans un contexte où l’Afrique demeure l’une des régions du monde les moins couvertes par les mécanismes assurantiels, malgré une exposition croissante aux risques climatiques, sanitaires, agricoles et économiques.

Pour les professionnels réunis dans la capitale burkinabè, l’enjeu est désormais de rapprocher l’assurance des populations et des petites entreprises afin d’en faire un outil de protection accessible au plus grand nombre.

Un secteur encore sous-exploité en Afrique

Les chiffres illustrent l’ampleur du défi. Dans l’espace de la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (CIMA), qui regroupe quatorze pays africains, le taux de pénétration de l’assurance reste inférieur à 2 % du PIB, un niveau très éloigné des standards observés dans les économies développées.

Cette faible pénétration signifie que des millions de ménages, d’agriculteurs, d’artisans et de petites entreprises demeurent vulnérables face aux accidents, aux catastrophes naturelles, aux pertes d’exploitation ou aux crises sanitaires.

Pour les acteurs du secteur, le développement de solutions adaptées aux réalités africaines constitue désormais une priorité stratégique.

Le courtage au cœur de l’inclusion financière

Le thème retenu pour cette 16e Assemblée générale place les courtiers d’assurance au centre de la réflexion.

Les organisateurs estiment que ces intermédiaires jouent un rôle essentiel dans la vulgarisation de l’assurance, l’accompagnement des clients et la diffusion de produits adaptés aux besoins des populations.

Selon le président par intérim de la FIAC, les assureurs conseils participent déjà au développement économique des pays africains en favorisant la gestion des risques, la protection des patrimoines et la création d’emplois. Cette assemblée générale vise ainsi à impulser un « changement qualitatif » dans l’approche du secteur afin de mieux répondre aux attentes des populations.

L’assurance climatique, nouvelle priorité des gouvernements

L’un des messages forts portés par les autorités burkinabè concerne la montée des risques climatiques.

Face à la multiplication des sécheresses, des inondations et des aléas météorologiques, les gouvernements africains accordent une attention croissante aux mécanismes d’assurance destinés à protéger les producteurs agricoles et les communautés rurales.

Le Premier ministre burkinabè a notamment souligné que l’assurance est désormais indispensable dans tous les secteurs de l’économie, évoquant l’essor de l’assurance climatique comme illustration de l’évolution des besoins de couverture.

Le Burkina Faso a d’ailleurs engagé ces dernières années des initiatives visant à développer l’assurance agricole avec un accompagnement public destiné à faciliter l’accès des producteurs à ces dispositifs.

Un levier pour financer le développement

Au-delà de leur rôle de protection, les compagnies d’assurance et les intermédiaires financiers sont de plus en plus perçus comme des acteurs du financement du développement.

Les réflexions menées récemment au sein de la CIMA mettent en avant la nécessité de renforcer le secteur afin qu’il puisse contribuer davantage au financement des infrastructures, des entreprises et des projets structurants du continent.

L’amélioration du taux de pénétration de l’assurance pourrait ainsi générer davantage d’épargne longue, ressource essentielle pour soutenir les investissements nécessaires à la transformation économique africaine.

Vers une nouvelle étape pour le marché africain de l’assurance

À travers l’organisation de cette assemblée générale, Ouagadougou entend envoyer un signal fort : celui d’un continent qui cherche à moderniser son industrie de l’assurance pour la rendre plus proche des citoyens et plus utile au développement économique.

Dans un contexte marqué par l’essor du numérique, les mutations climatiques et les besoins croissants de protection sociale, les professionnels du secteur sont appelés à innover pour proposer des solutions simples, abordables et adaptées aux réalités locales.

L’avenir du marché africain de l’assurance ne se jouera probablement pas uniquement dans les grandes entreprises ou les centres urbains. Il se construira surtout dans la capacité du secteur à atteindre les millions d’Africains qui demeurent encore aujourd’hui en marge des mécanismes de protection financière. Une ambition qui place désormais l’inclusion assurantielle au cœur des stratégies de développement du continent.

La Rédaction

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