UEMOA : La montée des créances en souffrance alerte, le Niger et la Guinée-Bissau franchissent un seuil critique.
Le signal est discret, mais il mérite attention. Dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine, la qualité du crédit bancaire montre des signes de fragilité.
Selon les dernières données publiées par la BCEAO, le Niger et la Guinée-Bissau affichent des taux de créances en souffrance supérieurs à 20 % en janvier 2026, des niveaux largement au-dessus des standards habituellement considérés comme soutenables.
Derrière ces chiffres, une question centrale : le système bancaire régional peut-il continuer à financer l’économie sans accroître les risques ?
Des niveaux de risque particulièrement élevés dans deux pays
Dans le détail, la situation est particulièrement préoccupante dans deux économies :
- en Guinée-Bissau, le taux de créances en souffrance dépasse largement les 25 %
- au Niger, il se maintient également au-dessus du seuil des 20 %
Ces niveaux traduisent une forte dégradation de la qualité des portefeuilles bancaires.
Concrètement, une part importante des crédits accordés n’est plus remboursée dans les délais.
Une moyenne régionale encore maîtrisée… mais trompeuse
À l’échelle de l’UEMOA, les indicateurs restent globalement sous contrôle :
- un taux brut autour de 9 %
- un taux net inférieur à 5 %
Mais cette moyenne masque de profondes disparités entre les pays.
Le système bancaire régional apparaît solide dans son ensemble, mais certaines économies concentrent les fragilités.
Comprendre les créances en souffrance
Les créances en souffrance correspondent aux prêts que les emprunteurs ne remboursent plus correctement.
C’est un indicateur clé pour mesurer :
- la santé des banques
- la capacité de remboursement des entreprises et des ménages
- la solidité du système financier
Lorsque ce taux augmente fortement, les conséquences peuvent être multiples :
- pertes financières pour les banques
- réduction de la capacité à accorder de nouveaux crédits
- ralentissement de l’activité économique
Les causes d’une dégradation
Plusieurs facteurs expliquent la situation observée dans certains pays.
Un environnement économique fragile
Les économies peu diversifiées restent vulnérables aux chocs.
Un contexte sécuritaire difficile
Dans plusieurs zones du Sahel, l’insécurité perturbe l’activité économique et affecte la capacité de remboursement.
Des fragilités structurelles
- qualité du suivi des crédits
- gouvernance des entreprises
- gestion des risques bancaires
Ces éléments combinés pèsent directement sur la performance du système bancaire.
Un risque réel pour le financement de l’économie
La montée des créances en souffrance ne reste pas cantonnée aux bilans des banques.
Elle peut entraîner :
- un durcissement des conditions de crédit
- une hausse des taux d’intérêt
- une réduction du financement des entreprises
À terme, c’est l’ensemble de l’économie qui peut être impacté.
Un équilibre délicat à préserver
Le défi pour les banques et les autorités est clair :
- continuer à soutenir la croissance via le crédit
- tout en limitant l’accumulation de risques
Dans un contexte où les besoins de financement restent élevés, cet équilibre devient de plus en plus difficile à maintenir.
Un signal de vigilance plus qu’une crise
La situation actuelle ne traduit pas une crise bancaire généralisée, mais plutôt une montée progressive du risque.
Elle révèle une transformation importante :
le crédit progresse dans la région
mais la qualité de ce crédit devient un enjeu central
Les investisseurs et les régulateurs seront de plus en plus attentifs à cet indicateur.
Au-delà des chiffres, une réalité s’impose : le crédit est le moteur de la croissance, mais aussi son talon d’Achille.
Dans l’UEMOA, l’enjeu n’est plus seulement de prêter davantage.
Il est de prêter mieux.
Car dans un système financier, la confiance ne se mesure pas au volume des crédits…
Mais à leur capacité à être remboursés.
La Rédaction



