Afrique de l’Ouest : La Banque africaine de développement mobilise 5,5 millions USD pour moderniser les administrations fiscales.
Dans un contexte où la mobilisation des ressources domestiques devient une priorité stratégique pour les économies africaines, le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un financement de 5,5 millions de dollars destiné à renforcer les capacités des administrations fiscales en Afrique de l’Ouest.
Cette initiative bénéficiera notamment à plusieurs pays de la région, parmi lesquels le Burkina Faso, la Guinée et la Gambie. L’objectif est clair : améliorer la collecte des recettes fiscales et renforcer l’efficacité des systèmes fiscaux, afin d’accroître la capacité des États à financer leur développement.
Le projet sera mis en œuvre en partenariat avec le Forum des administrations fiscales ouest‑africaines (WATAF/FAFOA), une organisation régionale dédiée à la coopération et au renforcement des administrations fiscales.
Un programme pour améliorer la mobilisation des recettes publiques
Le financement provient du Fonds africain de développement, le guichet concessionnel du Groupe de la BAD destiné aux pays à revenu faible ou intermédiaire.
Ce programme vise principalement à :
- renforcer les compétences techniques des administrations fiscales
- améliorer les mécanismes de collecte et de gestion des impôts
- lutter contre la fraude et l’évasion fiscales
- soutenir la digitalisation des systèmes fiscaux.
À travers ces actions, l’objectif est de permettre aux administrations fiscales de mieux identifier les contribuables, d’élargir l’assiette fiscale et d’améliorer l’efficacité de la collecte des recettes publiques.
Un enjeu majeur pour les finances publiques africaines
Dans de nombreux pays africains, les recettes fiscales restent relativement faibles comparées aux besoins de financement des États.
Selon plusieurs analyses économiques, le ratio moyen impôts/PIB en Afrique se situe autour de 16 %, un niveau sensiblement inférieur à celui observé dans les économies développées.
Cette faiblesse limite les capacités d’investissement public dans des secteurs essentiels tels que :
- les infrastructures
- l’éducation
- la santé
- la transition énergétique.
Dans ce contexte, l’amélioration de la mobilisation des recettes domestiques apparaît comme un levier central pour renforcer la souveraineté budgétaire des États africains.
Miser sur la coopération régionale
Au-delà du soutien financier, le projet soutenu par la BAD ambitionne également de renforcer la coopération entre les administrations fiscales de la région.
Grâce au rôle du Forum des administrations fiscales ouest-africaines, les pays participants pourront partager leurs expériences, échanger des bonnes pratiques et coordonner certaines initiatives en matière de réforme fiscale.
Cette approche régionale vise notamment à améliorer la lutte contre les pratiques d’évasion fiscale transfrontalières et à harmoniser progressivement certaines pratiques administratives.
Vers des administrations fiscales plus modernes
L’un des axes centraux du programme concerne la modernisation des administrations fiscales, notamment à travers la digitalisation des services.
La mise en place de systèmes informatiques plus performants devrait permettre :
- de simplifier les procédures fiscales
- d’améliorer la transparence
- de réduire les coûts administratifs
- et de faciliter les relations entre contribuables et administrations.
Ces réformes sont également considérées comme essentielles pour améliorer le climat des affaires et renforcer la confiance entre l’État et les acteurs économiques.
Un levier pour l’autonomie financière des États
Alors que plusieurs pays africains font face à des contraintes budgétaires croissantes et à un accès plus limité aux financements internationaux, la mobilisation des ressources internes devient un enjeu de plus en plus stratégique.
En soutenant la modernisation des administrations fiscales en Afrique de l’Ouest, la Banque africaine de développement mise sur un levier structurel du développement : la capacité des États à générer eux-mêmes les ressources nécessaires à leurs politiques publiques.
Car derrière les réformes fiscales se joue un objectif plus large : bâtir des économies plus résilientes, capables de financer leur croissance sans dépendre excessivement de l’aide extérieure.
La Rédaction


