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Transport maritime : MSC impose une « surtaxe de guerre » sur les routes Asie-Afrique.

La montée des tensions géopolitiques au Moyen-Orient commence à produire des effets très concrets sur le commerce mondial. Le géant du transport maritime MSC – Mediterranean Shipping Company, premier armateur mondial de porte-conteneurs, a annoncé l’instauration d’une « surtaxe de guerre » sur plusieurs liaisons reliant l’Asie, le Golfe et l’Afrique.

Cette mesure intervient dans un contexte de risques sécuritaires croissants dans certaines routes maritimes stratégiques, notamment autour du Golfe persique et de la mer Rouge. Elle vise à compenser l’augmentation des coûts liés aux assurances, aux dispositifs de sécurité et aux détours parfois imposés aux navires pour éviter les zones à risque.

Une nouvelle charge pour les expéditions vers l’Afrique

Dans un avis adressé à ses clients, MSC précise que cette surtaxe s’applique depuis le 5 mars 2026 sur plusieurs routes commerciales reliant l’Asie et le Moyen-Orient à différents ports africains.

Les montants varient selon l’origine des marchandises et le type de conteneur transporté.

Pour les cargaisons expédiées depuis les pays du Golfe vers l’Afrique, l’armateur prévoit notamment :

  • 2 000 dollars pour un conteneur de 20 pieds
  • 3 000 dollars pour un conteneur de 40 pieds
  • 4 000 dollars pour un conteneur frigorifique

Sur d’autres liaisons, notamment entre le sous-continent indien et l’Afrique de l’Est ou les îles de l’océan Indien, la surtaxe reste plus limitée, autour de 500 dollars pour un conteneur standard et 1 000 dollars pour les conteneurs réfrigérés.

Ces montants s’ajoutent aux tarifs habituels du transport maritime et reflètent l’augmentation des risques opérationnels dans certaines zones sensibles.

Des routes maritimes stratégiques sous pression

La décision de MSC s’inscrit dans un contexte de fortes tensions dans plusieurs corridors maritimes essentiels au commerce international.

La région du Moyen-Orient concentre certains des passages maritimes les plus stratégiques de la planète, notamment :

  • le détroit d’Ormuz, par lequel transite une part importante du commerce mondial d’hydrocarbures
  • la mer Rouge, qui constitue une voie essentielle reliant l’Asie à l’Europe via le canal de Suez

Les tensions militaires et les risques d’attaques contre les navires commerciaux ont conduit plusieurs compagnies maritimes à renforcer leurs mesures de sécurité ou à modifier leurs itinéraires.

Dans certains cas, les navires doivent rallonger leur trajet ou naviguer sous escorte, ce qui entraîne des coûts logistiques supplémentaires.

Des répercussions possibles pour les économies africaines

Pour de nombreux pays africains, cette hausse des coûts de transport pourrait se traduire par une pression supplémentaire sur les chaînes d’approvisionnement.

L’Afrique dépend en effet fortement des importations en provenance d’Asie pour de nombreux produits, notamment :

  • les biens manufacturés
  • les équipements industriels
  • certains produits alimentaires
  • les intrants agricoles et industriels

Toute augmentation du coût du fret maritime tend à se répercuter sur les prix des marchandises importées, ce qui peut peser sur les entreprises locales et, à terme, sur le pouvoir d’achat des consommateurs.

Les analystes du secteur maritime estiment que si les tensions géopolitiques devaient se prolonger, les surcharges liées au risque pourraient devenir une nouvelle composante durable du coût du commerce international.

Dans un monde où plus de 80 % des échanges commerciaux transitent par la mer, la stabilité des routes maritimes reste l’un des piliers invisibles mais essentiels de l’économie mondiale.

Et lorsque ces routes deviennent incertaines, c’est toute la mécanique du commerce global qui commence à grincer.

La Rédaction

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