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Ouagadougou soutient la promotion de marchés plus inclusifs et résolument numériques au Burkina Faso.

L’heure n’est plus aux demi-mesures. À Ouagadougou, les autorités burkinabè ont récemment appelé à une transformation profonde des marchés publics et des circuits économiques nationaux, avec un mot d’ordre clair : inclusion et digitalisation. Dans un contexte de pression budgétaire, de défis sécuritaires et de mutation accélérée des économies africaines, le Burkina Faso veut faire de la modernisation de ses marchés un levier stratégique de croissance et de transparence.

Moderniser pour élargir l’accès

Au cœur du plaidoyer gouvernemental : ouvrir davantage les marchés publics aux petites et moyennes entreprises (PME), aux jeunes entrepreneurs et aux femmes. L’objectif est double. D’un côté, renforcer le tissu économique local. De l’autre, démocratiser l’accès à la commande publique, longtemps perçue comme réservée à un cercle restreint d’acteurs.

Les autorités mettent en avant la nécessité de simplifier les procédures, de réduire les barrières administratives et de favoriser une meilleure information des opérateurs économiques. Dans un pays où les PME représentent l’essentiel du tissu productif, leur intégration plus active aux marchés publics constitue un enjeu majeur de redistribution et de création d’emplois.

La digitalisation comme accélérateur de transparence

Autre pilier du plaidoyer : la numérisation des processus. Le Burkina Faso poursuit le déploiement d’outils électroniques pour la passation et le suivi des marchés publics. Cette digitalisation vise à limiter les délais, réduire les coûts et surtout améliorer la traçabilité des opérations.

Dans un environnement régional où la gouvernance des finances publiques est scrutée de près par les partenaires techniques et financiers, la transition vers des plateformes numériques est également un signal envoyé aux investisseurs : celui d’un État qui cherche à renforcer la transparence et à lutter contre les pratiques opaques.

La digitalisation ne concerne pas uniquement les marchés publics. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation des administrations financières, en cohérence avec les orientations communautaires de l’UEMOA, qui encourage l’harmonisation et la modernisation des systèmes de gestion budgétaire dans l’espace régional.

Un enjeu régional et continental

Le plaidoyer burkinabè s’inscrit dans un mouvement plus vaste à l’échelle du continent. L’Union africaine multiplie les initiatives pour promouvoir le commerce intra-africain et l’intégration économique, notamment à travers la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Or, sans marchés publics efficaces, transparents et accessibles, l’intégration économique reste incomplète.

Pour le Burkina Faso, il s’agit donc aussi de se positionner dans cette dynamique continentale. Des marchés plus inclusifs signifient une meilleure compétitivité des entreprises locales. Des marchés plus numériques signifient une capacité accrue à dialoguer avec des partenaires régionaux et internationaux sur des standards comparables.

Entre ambition et contraintes

La trajectoire reste toutefois exigeante. La digitalisation suppose des investissements technologiques, une formation des agents publics et une montée en compétence des opérateurs privés. Elle implique également un accès plus large à Internet et aux outils numériques, encore inégal selon les zones et les profils d’entreprises.

Sur le plan budgétaire, le contexte impose une gestion prudente des ressources. Mais c’est précisément dans ces périodes de tension financière que l’efficacité des dépenses publiques devient déterminante. Mieux attribuer, mieux suivre et mieux évaluer les marchés peut générer des gains substantiels en termes d’optimisation des fonds publics.

Vers un nouveau contrat économique

Au-delà des réformes techniques, le message porté par Ouagadougou est politique : faire des marchés publics un instrument de transformation économique et sociale. L’enjeu n’est pas seulement d’acheter des biens et des services, mais de structurer l’économie nationale, de soutenir l’emploi local et de renforcer la confiance entre l’État et les acteurs privés.

Si les réformes annoncées se traduisent par des résultats concrets, le Burkina Faso pourrait poser les bases d’un nouveau contrat économique, fondé sur plus d’équité, plus de transparence et une meilleure intégration au marché régional.

À l’heure où l’Afrique redessine ses chaînes de valeur et repense ses modèles de croissance, les marchés publics ne sont plus un simple outil administratif. Ils deviennent un levier stratégique. Le Burkina l’a compris. Reste désormais à transformer l’intention en impact durable.

La Rédaction

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