Skip links

Togo : Un pari énergétique à 70 milliards FCFA pour accélérer l’électrification nationale.

Le Togo prévoit de mobiliser 70 milliards de francs CFA en 2026 pour mettre en œuvre sa politique énergétique, une dotation qui représente près de 99 % du budget annuel du ministère de l’Énergie et des Mines, fixé à 71 milliards FCFA.

Cette orientation budgétaire illustre la priorité stratégique accordée au secteur électrique dans la planification économique nationale. L’objectif affiché par les autorités est clair : atteindre l’accès universel à l’électricité d’ici 2030, un cap ambitieux dans un contexte africain où de nombreux pays peinent encore à généraliser l’électrification.


Des projets concrets déjà identifiés

L’enveloppe prévue ne relève pas d’un simple affichage budgétaire. Elle doit financer plusieurs projets structurants déjà planifiés :

  • l’électrification de 317 localités supplémentaires ;
  • l’extension du fonds Tinga, mécanisme facilitant l’accès à l’électricité pour les ménages vulnérables ;
  • l’agrandissement de la centrale solaire photovoltaïque de Blitta ;
  • le renforcement des lignes de transport d’électricité à haute tension (161 kV) ;
  • des réformes institutionnelles destinées à améliorer la gouvernance de la compagnie publique CEET.

Ces investissements devraient permettre d’élargir l’accès à l’électricité à 1,5 million de personnes supplémentaires, selon les projections officielles.


Une politique énergétique intégrée au budget 2026

L’effort financier intervient dans un contexte d’expansion budgétaire. Le budget togolais pour 2026 a été définitivement adopté à 2 751,5 milliards FCFA, en hausse par rapport aux exercices précédents.

Cette progression reflète la volonté des autorités de soutenir l’investissement public tout en respectant l’équilibre budgétaire, notamment en privilégiant le financement par les ressources internes.

Parallèlement aux investissements structurels, l’État prévoit aussi des mesures d’atténuation pour les ménages face aux coûts énergétiques. Ainsi, 14,2 milliards FCFA sont programmés pour subventionner les produits pétroliers en 2026, tandis que 8,7 milliards FCFA seront destinés au soutien du gaz domestique.


Entre stratégie sociale et ambition économique

L’approche togolaise combine deux axes :

  • des investissements lourds pour accroître l’offre énergétique ;
  • des mécanismes de subvention ciblés pour préserver le pouvoir d’achat.

Ce double levier traduit une politique publique visant à soutenir simultanément croissance économique, inclusion sociale et transition énergétique. Les partenaires techniques et financiers, dont le FMI, encouragent d’ailleurs cette évolution vers des aides plus ciblées plutôt que des subventions généralisées.


Une trajectoire qui s’inscrit dans une vision régionale

Avec une croissance attendue autour de 6,5 % en 2026, le Togo mise sur les infrastructures et les réformes structurelles pour consolider sa dynamique économique.

Dans ce contexte, le secteur de l’énergie apparaît comme un pilier de compétitivité : il conditionne l’industrialisation, l’attractivité pour les investisseurs et la modernisation du tissu productif.


En consacrant presque tout le budget de son ministère énergétique à l’investissement, Lomé envoie un signal clair : l’électricité n’est plus un simple service public, mais un instrument stratégique de transformation économique. Si l’exécution suit l’ambition, l’énergie pourrait devenir l’un des principaux moteurs du prochain cycle de croissance togolais.

La Rédaction

Accueil
Recherche
Top
Découvrir
Drag