Industrialisation au Burkina Faso : 66 milliards FCFA injectés en 2025 pour relancer la production locale.
Ouagadougou accélère sa stratégie de souveraineté économique. En 2025, le Burkina Faso a investi plus de 66 milliards de FCFA dans le développement de nouvelles unités industrielles et la relance d’installations stratégiques, selon les données officielles présentées lors de l’exposé sur la situation de la Nation.
Derrière ces chiffres se dessine une ambition claire : transformer davantage sur place, créer de l’emploi et réduire la dépendance aux importations.
Une enveloppe de 66 milliards FCFA pour stimuler l’appareil productif
Les autorités burkinabè ont indiqué qu’en 2025, plus de 66 milliards de FCFA ont été mobilisés pour soutenir l’industrialisation. Cet effort financier a permis la mise en service de 11 nouvelles unités industrielles, tout en renforçant certaines structures existantes.
L’objectif affiché est de consolider les chaînes de valeur locales, notamment dans l’agro-transformation, le textile et les industries alimentaires.
Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et budgétaires, cette enveloppe traduit une volonté politique de repositionner l’industrie comme moteur de croissance.
Des secteurs stratégiques ciblés
Les investissements ont concerné plusieurs filières clés :
- Agro-transformation : développement de capacités de transformation des céréales et de l’anacarde ;
- Industrie alimentaire : renforcement de la production locale de farine et de produits transformés ;
- Textile et transformation locale : appui à des unités capables de valoriser les matières premières nationales ;
- Industries de substitution aux importations.
Parmi les projets emblématiques figure notamment la mise en service d’une minoterie industrielle capable de produire plusieurs centaines de tonnes de farine par jour, contribuant à la réduction des importations de produits transformés.
Ces initiatives s’inscrivent dans une logique simple : exporter moins de matières brutes et transformer davantage sur le territoire national.
Emploi et valeur ajoutée : les retombées attendues
Au-delà des infrastructures, l’enjeu est social et économique. Les nouvelles unités industrielles ont généré des emplois directs et indirects, contribuant à dynamiser les économies locales.
L’industrialisation permet :
- de stabiliser les revenus agricoles grâce à la transformation locale ;
- de créer des emplois qualifiés et semi-qualifiés ;
- d’élargir l’assiette fiscale ;
- de renforcer la résilience économique face aux chocs extérieurs.
Dans une économie encore largement dominée par le secteur primaire, la montée en puissance de l’industrie constitue un changement structurel majeur.
Une stratégie de souveraineté économique
Ces investissements s’inscrivent dans une politique plus large de souveraineté économique. L’idée est de réduire la vulnérabilité du pays aux fluctuations des marchés internationaux et aux tensions logistiques.
Transformer localement signifie :
- conserver davantage de valeur ajoutée ;
- limiter les sorties de devises ;
- renforcer la sécurité alimentaire ;
- bâtir une base industrielle capable de soutenir la croissance sur le long terme.
Cependant, le succès de cette stratégie dépendra de la compétitivité des unités créées, de la qualité des infrastructures énergétiques et logistiques, ainsi que de la capacité à attirer des investissements privés complémentaires.
Une étape décisive, mais un chantier de long terme
Les 66 milliards FCFA investis en 2025 constituent une étape importante dans la mutation industrielle du Burkina Faso. Mais l’industrialisation n’est pas un sprint. C’est un marathon qui exige constance, innovation et stabilité.
Si les projets lancés parviennent à atteindre leur pleine capacité de production, ils pourraient marquer le début d’une transformation durable de l’économie burkinabè.
Car au-delà des chiffres, l’enjeu est clair : bâtir une économie qui ne se contente plus d’exporter ses ressources, mais qui les transforme en richesse locale et en emplois pérennes. C’est là que se joue la véritable indépendance économique.
La Rédaction



