Skip links

Assurances en Afrique : À Abidjan, les régulateurs CIMA montent en puissance sur la gouvernance et le transfert de risques.

Abidjan accueille la 50e Assemblée générale de la FANAF avec un message clair : l’assurance africaine entre dans une nouvelle ère de responsabilité et de sophistication réglementaire.

La Fédération des Sociétés d’Assurances de droit national africaines (FANAF) tient sa 50e Assemblée générale du 9 au 11 février 2026 à Abidjan. Cinquante ans après sa création, cette organisation qui fédère les acteurs du marché dans la zone CIMA – 14 pays africains francophones – place au centre des discussions deux notions devenues stratégiques : la gouvernance et le transfert des risques.

Au-delà des cérémonies commémoratives, cette édition anniversaire marque un tournant. Les régulateurs du marché CIMA ont bénéficié, en marge des travaux, d’une formation dédiée à l’amélioration des pratiques de gouvernance et à l’intégration des mécanismes de transfert de risques dans l’architecture de supervision.

Un signal fort dans un contexte où l’assurance africaine cherche à gagner en crédibilité, en solidité et en attractivité.


Gouvernance : de l’obligation réglementaire à l’avantage stratégique

Longtemps perçue comme un impératif administratif, la gouvernance est désormais considérée comme un levier central de stabilité financière. Pour les autorités de régulation CIMA, il ne s’agit plus uniquement de veiller à la conformité des compagnies d’assurance, mais de renforcer les mécanismes de contrôle interne, la responsabilité des dirigeants et la transparence des organes de décision.

La formation organisée en marge de la FANAF a mis l’accent sur :

  • le renforcement des dispositifs de contrôle interne ;
  • la clarification des responsabilités au sein des conseils d’administration ;
  • l’intégration des standards internationaux de gestion des risques ;
  • la prévention des conflits d’intérêts et des défaillances systémiques.

Dans un environnement où la confiance conditionne la croissance du secteur, une gouvernance robuste devient un argument économique à part entière.


Transfert de risques : un outil encore sous-exploité

Autre pilier abordé : le transfert de risques. Dans un marché en mutation rapide, les risques se diversifient et s’intensifient. Cyberattaques, litiges liés à la responsabilité des dirigeants, erreurs professionnelles : les compagnies et leurs dirigeants sont exposés à des menaces nouvelles.

Les régulateurs ont ainsi été sensibilisés à l’importance stratégique de certains instruments :

  • l’assurance Responsabilité des dirigeants (D&O), qui protège les décideurs contre les réclamations liées à des fautes de gestion ;
  • l’assurance cyber, devenue incontournable face à la digitalisation croissante des services financiers ;
  • la responsabilité civile professionnelle, essentielle pour sécuriser l’activité des intermédiaires.

L’objectif n’est pas seulement de promouvoir ces produits, mais de les intégrer dans une logique globale de supervision et de résilience du marché.


La CIMA face aux défis d’un secteur encore sous-pénétré

La zone CIMA regroupe 14 États d’Afrique francophone partageant un Code des assurances harmonisé. Si ce cadre commun constitue un atout majeur, le secteur reste confronté à des défis structurels : faible taux de pénétration de l’assurance, concentration du marché, vulnérabilité face aux chocs macroéconomiques.

Dans ce contexte, la montée en compétence des régulateurs apparaît comme un investissement stratégique. Une supervision plus moderne et plus proactive pourrait :

  • renforcer la solvabilité des compagnies ;
  • attirer davantage d’investisseurs ;
  • améliorer la protection des assurés ;
  • stimuler l’innovation.

La 50e AG de la FANAF n’a donc pas seulement célébré un anniversaire. Elle a posé les jalons d’une transformation plus profonde.


Cinquante ans après, un cap vers la maturité

À travers cette initiative, la FANAF envoie un message clair : l’assurance africaine ne veut plus subir les standards internationaux, elle entend les maîtriser et les adapter à ses réalités.

La professionnalisation des régulateurs, la sophistication des mécanismes de gestion des risques et la consolidation des pratiques de gouvernance traduisent une ambition nouvelle : faire de l’assurance un pilier de stabilité économique sur le continent.

À Abidjan, l’enjeu n’était pas seulement de célébrer le passé. Il s’agissait surtout de préparer l’avenir. Car dans un monde où les risques se multiplient, la véritable richesse d’un marché ne réside pas uniquement dans ses primes encaissées, mais dans sa capacité à anticiper les tempêtes.

Et sur ce terrain, l’assurance africaine semble décidée à franchir un cap.

La Rédaction

Accueil
Recherche
Top
Découvrir
Drag