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Burkinabè Balibié Serge Auguste Bayala nommé à la tête de la banque d’investissement de l’AES : Portrait d’un technicien au cœur du projet sahélien.

Dans une étape institutionnelle majeure pour l’Alliance des États du Sahel (AES), le professeur Balibié Serge Auguste Bayala, cadre burkinabè aux profils académique et financier pointus, a été nommé président de la Banque Confédérale pour l’Investissement et le Développement (BCID-AES). Cette nomination, annoncée fin janvier 2026 au terme de la première réunion du conseil d’administration de la nouvelle banque, marque un tournant dans l’ambition des pays sahéliens (Burkina Faso, Mali, Niger) de construire des instruments financiers propres à leur développement économique et à leur souveraineté.


Un technicien chevronné à la tête d’une banque stratégique

La BCID-AES est la toute nouvelle institution financière de la Confédération des États du Sahel, créée pour répondre à l’urgence de structurer des financements internes, soutenir l’industrialisation, mobiliser l’épargne régionale et financer des projets structurants dans l’espace sahélien. Dotée d’un capital initial de 500 milliards de francs CFA, elle a officiellement tenu sa première réunion de conseil d’administration à Bamako fin janvier 2026.

Au terme de cette rencontre, Balibié Serge Auguste Bayala a été désigné comme premier président de la BCID-AES, tandis que le ministre malien de l’Économie et des Finances, Alousseni Sanou, assurait la présidence du conseil d’administration.


Un parcours académique et professionnel solide

Originaire de Ouagadougou (Burkina Faso), Balibié Serge Auguste Bayala est un professeur titulaire des universités spécialisé en gestion financière et comptabilité, doté d’une solide formation académique :

  • Doctorat (PhD) en gestion financière de l’Université de Groningen (Pays-Bas) ;
  • Agrégation en sciences de gestion, spécialité gestion financière, obtenue à l’Université du Québec à Montréal (Canada) ;
  • Plusieurs distinctions académiques et honneurs, dont des ordres nationaux et académiques.

Son profil combine une expertise académique de haut niveau avec une longue expérience en gestion institutionnelle et financière.


Une carrière marquée par des responsabilités clés

Avant sa nomination à la tête de la BCID-AES, Bayala a occupé plusieurs postes importants, tant au niveau national qu’international :

  • Directeur général de la Caisse des Dépôts et d’Investissements du Burkina Faso (CDI-BF) depuis mars 2024, institution qu’il a aidée à structurer pour renforcer l’épargne longue et financer le développement productif.
  • Directeur du Centre Africain d’Études Supérieures en Gestion (CESAG) à Dakar, qu’il a repositionné comme centre régional d’excellence, renforçant à la fois son autonomie institutionnelle et son rayonnement académique.
  • Responsable au Centre Ouest Africain d’Études Financières et Bancaires (COFEB) de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), où il a contribué au renforcement des capacités institutionnelles des décideurs publics et des banques centrales de la sous-région.
  • Expert reconnu pour ses appuis en matière de diagnostic institutionnel et de renforcement des capacités dans plusieurs pays africains.

Ce parcours lui confère une expérience rare en matière de gouvernance financière, de structuration d’institutions et de conception de mécanismes de financement innovants adaptés aux réalités africaines.


Un leader en phase avec les enjeux sahéliens

La nomination de Bayala à la tête de la BCID-AES ne se limite pas à une reconnaissance individuelle : elle traduit une orientation stratégique claire des États membres de l’AES. Après leur retrait de la CEDEAO et le lancement de la Confédération des États du Sahel, ces pays cherchent à construire des instruments économiques et financiers autonomes, capables de financer leurs propres projets de développement, de réduire leur dépendance aux bailleurs externes et de renforcer leur souveraineté économique.

La nouvelle banque devra relever des défis importants : définir un modèle opérationnel crédible, mobiliser des financements internes et externes adaptés, et structurer des mécanismes efficaces pour soutenir l’industrialisation, les infrastructures et la cohésion économique régionale. La nomination de Bayala, avec son expertise riche et diversifiée, est un signal fort dans cette perspective.


À l’heure où l’Alliance des États du Sahel entreprend de réinventer ses outils de financement pour soutenir son autonomie économique, le choix de Balibié Serge Auguste Bayala apparaît comme un pari sur l’expertise africaine et la technicité plutôt que sur des solutions importées. Si la BCID-AES doit devenir une institution crédible au service des trois pays partenaires, elle devra faire la preuve que la combinaison de vision stratégique et de rigueur financière incarnée par son président peut transformer une ambition politique en moteur concret de développement régional.

La Rédaction

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