Sénégal : Fortuna Mining se positionne pour développer la mine d’or de Diamba Sud.
Le secteur aurifère sénégalais est en train de vivre une nouvelle phase d’expansion. Après des décennies d’exploitation concentrée autour de deux principales mines industrielles, le pays prépare l’arrivée d’un nouvel acteur : la société canadienne Fortuna Mining, qui avance résolument dans le développement du projet aurifère de Diamba Sud, au sud du Sénégal.
Un investissement d’environ 100 millions USD envisagé pour 2026
Fortuna Mining a annoncé son intention d’investir environ 100 millions de dollars en 2026 pour faire avancer son projet Diamba Sud, situé dans la région du Kéniéba-Kédougou Inlier au sud du pays. Cette somme inclut 69 millions de dollars pour les travaux préliminaires à la construction et environ 28 millions de dollars pour poursuivre l’exploration et renforcer la capacité opérationnelle de l’entreprise.
L’investissement prévu couvre notamment la finalisation des études de faisabilité et le lancement des premiers travaux de construction, en vue d’une future exploitation industrielle.
Diamba Sud : un gisement prometteur
Les études d’exploration menées entre 2024 et 2025 ont permis d’actualiser les ressources minérales estimées à plus d’un million d’onces d’or (soit environ 28,6 tonnes) pour le projet Diamba Sud.
Dans le détail, l’évaluation économique préliminaire (PEA) publiée en 2025 décrit une mine ouverte capable de produire en moyenne 106 000 onces d’or par an sur une période de vie potentielle de la mine d’un peu plus de huit ans.
Ces chiffres placent Diamba Sud comme un projet d’envergure dans le paysage minier sénégalais, avec un potentiel de production substantiel et l’opportunité de diversifier la base aurifère du pays.
Fortuna Mining : stratégie panafricaine et ambitions renforcées
Fortuna Mining est déjà un acteur établi en Afrique de l’Ouest, exploitant notamment la mine de Séguéla en Côte d’Ivoire. Le développement de Diamba Sud s’inscrit dans la stratégie de croissance du groupe visant à porter sa production annuelle globale à environ 500 000 onces d’or.
Le projet Diamba Sud représente pour Fortuna une deuxième grande mine en Afrique, après l’augmentation de ses opérations à Séguéla, et une diversification qui devrait renforcer son portefeuille de production aurifère.
Un contexte minier sénégalais en pleine dynamique
Jusqu’à récemment, l’activité minière industrielle au Sénégal reposait essentiellement sur deux sites :
- Sabodala-Massawa, exploité par Endeavour Mining,
- Mako, sous la gestion de Resolute Mining.
La mise en production de la mine Boto, opérée par le groupe marocain Managem en 2025, a enrichi ce paysage. Diamba Sud viendrait renforcer encore cette dynamique, portée par un prix de l’or élevé et des perspectives favorables sur les marchés mondiaux.
Participation de l’État et retombées locales attendues
Dans le cadre de l’accord minier type au Sénégal, l’État bénéficiera d’une participation gratuite de 10 % dans le projet, avec la possibilité d’acquérir jusqu’à 25 % supplémentaires selon les modalités convenues avec l’opérateur.
Au-delà des recettes fiscales attendues, l’exploitation du site devrait aussi créer des emplois locaux, des activités parrallèles et des opportunités dans les infrastructures associées (énergie, routes, services).
Un calendrier ambitieux vers 2028
Fortuna Mining vise une décision finale d’investissement d’ici la mi-2026, suite à la publication de l’étude de faisabilité complète prévue au deuxième trimestre de l’année. Si les permis et autorisations sont obtenus dans les délais, la mise en production de Diamba Sud pourrait intervenir vers 2028.
Le projet Diamba Sud marque une nouvelle étape dans l’histoire minière sénégalaise. Alors que le pays s’efforce de devenir un hub aurifère régional, l’entrée en scène de Fortuna Mining signale une confiance renouvelée des investisseurs internationaux dans le potentiel géologique de l’Afrique de l’Ouest. Mais au-delà des ambitions et des chiffres, c’est la capacité du Sénégal à transformer cette richesse minérale en développement durable et en bénéfices partagés qui déterminera si ce projet restera une promesse ou deviendra une réalité économique tangible.
La Rédaction



