Burkina Faso : L’ONU engage 850 milliards FCFA pour lier paix, résilience et développement.
Dans un contexte marqué par l’insécurité, la fragilité sociale et des besoins humanitaires croissants, le Burkina Faso obtient un appui financier majeur du système des Nations unies. Sur la période 2026-2030, plus de 850 milliards de FCFA seront mobilisés pour soutenir la paix, renforcer la résilience des populations et accélérer le développement durable.
Un engagement financier d’une ampleur inédite
Le Burkina Faso vient de franchir une étape majeure dans sa coopération avec les Nations unies. À Ouagadougou, le gouvernement et le système onusien ont formalisé un cadre de financement global estimé à environ 850 milliards de francs CFA, destiné à accompagner le pays sur la période 2026-2030.
Cet engagement, qui s’inscrit dans le nouveau Plan national de développement (RELANCE 2026-2030), marque l’un des appuis multilatéraux les plus significatifs accordés au pays ces dernières années. Il traduit la volonté des Nations unies de dépasser l’aide d’urgence pour investir dans des solutions structurelles, durables et coordonnées.
De l’urgence humanitaire à une approche intégrée
Depuis plusieurs années, le Burkina Faso fait face à une combinaison de chocs : crise sécuritaire persistante, déplacements massifs de populations, insécurité alimentaire et vulnérabilité climatique. Ces facteurs ont fortement accru la dépendance à l’aide humanitaire.
Le nouveau cadre de coopération avec l’ONU repose sur un changement de paradigme clair : relier l’humanitaire, le développement et la paix. L’objectif est de réduire progressivement la dépendance à l’assistance d’urgence, tout en renforçant la capacité des communautés et des institutions à faire face aux crises.
Trois piliers pour transformer l’économie et la société
Les financements annoncés sont structurés autour de trois programmes majeurs, conçus pour répondre aux priorités économiques et sociales du pays.
La transformation des systèmes alimentaires, pilier central
La part la plus importante de l’enveloppe est consacrée à la transformation durable des systèmes alimentaires. Ce programme vise à renforcer la sécurité alimentaire, améliorer la productivité agricole et soutenir les moyens de subsistance des populations rurales.
Dans un pays où l’agriculture reste un pilier de l’économie et de l’emploi, cet axe est stratégique. Il doit permettre de réduire la vulnérabilité face aux chocs climatiques, d’améliorer les revenus agricoles et de limiter les risques d’instabilité liés à l’insécurité alimentaire.
La transition humanitaire-développement-paix
Un second volet cible la transition entre l’aide humanitaire, le développement et la consolidation de la paix. Il s’agit de soutenir les zones fragiles et les populations déplacées par des actions combinant relèvement économique, cohésion sociale et accès aux services de base.
Cette approche vise à traiter les causes profondes de la vulnérabilité, plutôt que ses seules conséquences, en favorisant la stabilité locale et le retour progressif de l’activité économique.
La stabilisation et la cohésion sociale
Le troisième pilier concerne la stabilisation des territoires fragiles et le renforcement de la cohésion sociale. Il met l’accent sur l’accès aux services publics, la gouvernance locale et la prévention des conflits, notamment dans les zones les plus affectées par l’insécurité.
Pour les Nations unies comme pour les autorités burkinabè, la paix durable est indissociable du développement économique.
Un levier stratégique pour le Plan RELANCE 2026-2030
Cet engagement financier onusien s’insère directement dans la mise en œuvre du Plan RELANCE, qui ambitionne de restaurer la stabilité, relancer la croissance et réduire les inégalités territoriales.
Pour le gouvernement, l’enjeu est clair : aligner les financements extérieurs sur les priorités nationales, améliorer la coordination des interventions et maximiser l’impact économique et social des ressources mobilisées.
Un signal fort envoyé aux partenaires internationaux
Au-delà des montants, l’appui de l’ONU constitue un signal politique et économique fort. Il témoigne d’une confiance renouvelée dans la capacité du Burkina Faso à mettre en œuvre des programmes structurants, malgré un contexte sécuritaire complexe.
Pour les autres partenaires techniques et financiers, cet engagement peut servir de catalyseur, en facilitant la mobilisation de financements complémentaires et en renforçant la crédibilité du pays sur la scène internationale.
Le défi de l’exécution
Reste toutefois un enjeu central : la mise en œuvre effective. La réussite de ce programme dépendra de la capacité des acteurs nationaux et onusiens à assurer une exécution rigoureuse, transparente et adaptée aux réalités locales, y compris dans les zones difficiles d’accès.
Car au-delà des annonces, ce sont les résultats concrets sur le terrain qui détermineront l’impact réel de ces 850 milliards de FCFA.
En engageant une enveloppe aussi conséquente, l’ONU ne finance pas seulement des projets : elle fait le pari que la paix et le développement peuvent être construits simultanément, même dans un contexte de fragilité extrême. Pour le Burkina Faso, ce soutien représente une opportunité historique. Mais comme souvent en économie du développement, le succès ne se mesurera pas à la taille des promesses, mais à la capacité à transformer ces ressources en stabilité durable et en progrès tangible pour les populations.
La Rédaction



