Burkina Faso : Sous la pression sécuritaire, une économie qui tient bon, selon le FMI.
Malgré une crise sécuritaire persistante et des besoins humanitaires croissants, le Burkina Faso parvient à préserver les équilibres macroéconomiques essentiels. Une résilience saluée par Kenji Okamura, Directeur général adjoint du Fonds monétaire international.
Une économie éprouvée par les chocs, mais toujours debout
Depuis près d’une décennie, le Burkina Faso avance sur une ligne de crête. Attaques armées, déplacements massifs de populations, tensions budgétaires et pressions sociales pèsent lourdement sur l’économie nationale. À ces fragilités structurelles se sont ajoutés les chocs externes : inflation importée, resserrement des conditions financières internationales et ralentissement de l’économie mondiale.
Dans ce contexte, nombreux étaient ceux qui prédisaient une dérive macroéconomique rapide. Pourtant, les derniers échanges entre les autorités burkinabè et le Fonds monétaire international dessinent un tableau plus nuancé : celui d’une économie sous contrainte, mais loin de l’effondrement annoncé.
Le FMI salue la trajectoire macroéconomique
Lors de ses échanges avec les autorités burkinabè, Kenji Okamura, Directeur général adjoint du FMI, a souligné la capacité du pays à maintenir une certaine stabilité économique, malgré un environnement sécuritaire et humanitaire particulièrement dégradé.
Sans masquer les vulnérabilités persistantes, le FMI reconnaît plusieurs points clés :
- une croissance économique restée positive, même si modérée ;
- une gestion budgétaire jugée prudente, dans un contexte de fortes dépenses sécuritaires ;
- le respect global des engagements pris dans le cadre du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) ;
- la poursuite de réformes structurelles, notamment en matière de gouvernance budgétaire et de mobilisation des recettes.
Pour l’institution de Bretton Woods, ces éléments traduisent une résilience macroéconomique réelle, même si fragile.
Sécurité et humanitaire : le lourd tribut économique
La reconnaissance du FMI intervient alors que les défis restent considérables. Plus de deux millions de personnes déplacées internes, une pression accrue sur les finances publiques et des besoins humanitaires structurels limitent fortement les marges de manœuvre budgétaires.
Les dépenses liées à la sécurité et à l’assistance humanitaire absorbent une part croissante des ressources de l’État, au détriment des investissements productifs. Un arbitrage délicat, que le FMI estime néanmoins « géré avec discipline » au regard des contraintes.
Un signal envoyé aux partenaires financiers
Au-delà du diagnostic économique, les propos de Kenji Okamura ont une portée stratégique. Dans un environnement régional et international marqué par la prudence des investisseurs, le soutien explicite du FMI renforce la crédibilité du Burkina Faso auprès des bailleurs de fonds.
Cette reconnaissance pourrait faciliter :
- la mobilisation de financements concessionnels ;
- la poursuite des décaissements multilatéraux ;
- un dialogue plus fluide avec les partenaires techniques et financiers.
Un enjeu crucial pour un pays dont les besoins de financement restent élevés.
Résilience ne signifie pas relâchement
Le FMI le rappelle toutefois sans détour : la résilience observée ne constitue pas un acquis définitif. La poursuite des réformes, l’amélioration de la gouvernance publique et la stabilisation durable de la situation sécuritaire demeurent des conditions indispensables pour consolider les bases de la croissance.
En clair, l’économie burkinabè tient, mais elle reste sous tension.
Une économie sous pression, mais crédible
En saluant les efforts des autorités burkinabè, Kenji Okamura ne délivre ni chèque en blanc ni discours de complaisance. Il acte un fait : dans l’un des contextes les plus complexes de la région, le Burkina Faso parvient à préserver l’essentiel.
Une performance discrète, souvent invisible dans les chiffres bruts, mais déterminante pour l’avenir économique du pays. La résilience, ici, n’est pas un slogan : c’est une nécessité vitale.
La Rédaction



