Emploi des jeunes : L’UEMOA et l’OIT préparent un plan régional pour la période 2026-2030.
Dans un espace communautaire où la jeunesse constitue à la fois la principale richesse et le défi le plus pressant, l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et l’Organisation internationale du travail (OIT) ont engagé la conception d’un plan régional visant à améliorer l’accès des jeunes à des emplois décents sur la période 2026-2030. Cette initiative intervient dans un contexte marqué par une forte pression démographique, un chômage persistant des jeunes et une inadéquation structurelle entre formation et besoins du marché du travail.
Une alliance stratégique face à l’urgence de l’emploi
La coopération entre l’UEMOA et l’OIT a été réaffirmée début février 2026 à Ouagadougou, lors d’une rencontre entre le président de la Commission de l’UEMOA et une délégation de l’OIT pour l’Afrique. L’objectif est clair : structurer une réponse régionale coordonnée aux difficultés d’insertion professionnelle des jeunes âgés de 15 à 35 ans dans les huit États membres de l’Union.
Chaque année, plus de deux millions de jeunes arrivent sur le marché du travail de l’espace UEMOA, alors que les économies nationales peinent à créer suffisamment d’emplois formels et productifs. Le résultat est une forte prédominance de l’emploi informel, souvent précaire, peu rémunéré et sans protection sociale.
Des emplois décents au cœur de la stratégie
Le futur plan 2026-2030 met l’accent non seulement sur la création d’emplois, mais surtout sur la qualité du travail. Selon les principes défendus par l’OIT, un emploi décent implique une rémunération adéquate, des conditions de travail sûres, une protection sociale minimale et le respect des droits fondamentaux.
Les axes stratégiques envisagés portent notamment sur :
- le renforcement de l’employabilité des jeunes, à travers des formations mieux adaptées aux besoins réels des entreprises ;
- le soutien aux secteurs à fort potentiel de création d’emplois, notamment l’agriculture moderne, l’agro-industrie, les services, le numérique et les industries locales ;
- l’amélioration de la productivité des PME, qui constituent le principal vivier d’emplois dans la sous-région ;
- la modernisation de la gouvernance des marchés du travail, afin de mieux encadrer l’insertion professionnelle et la transition vers l’emploi formel.
Un enjeu économique et social majeur
Dans l’espace UEMOA, le chômage et le sous-emploi des jeunes constituent un risque économique et social. Le manque d’opportunités professionnelles alimente la pauvreté, accentue les inégalités et fragilise la cohésion sociale, en particulier dans les zones urbaines et périurbaines.
En s’inscrivant dans les orientations de la Vision 2040 de l’UEMOA et du plan stratégique IMPACT 2030, le projet conjoint avec l’OIT vise à faire de l’emploi des jeunes un levier central de transformation économique, plutôt qu’une simple variable sociale.
De la concertation à l’action
Les discussions en cours doivent aboutir à la signature d’un protocole d’accord formel entre l’UEMOA et l’OIT, accompagné de la mise en place d’un comité technique conjoint. Ce dispositif aura pour mission de finaliser le cadre opérationnel du plan, d’assurer son alignement avec les politiques nationales d’emploi et de suivre sa mise en œuvre sur la période 2026-2030.
La réussite de cette initiative dépendra toutefois de plusieurs facteurs clés : la mobilisation de financements adéquats, l’engagement effectif des États membres et la capacité à traduire les orientations régionales en actions concrètes au niveau national.
En s’attaquant frontalement à la question de l’emploi décent des jeunes, l’UEMOA et l’OIT reconnaissent une réalité incontournable : sans perspectives professionnelles solides pour sa jeunesse, la croissance économique restera fragile. Le plan 2026-2030 ne sera donc pas jugé sur ses intentions, mais sur sa capacité à transformer une génération nombreuse en véritable moteur de développement. L’enjeu est clair : faire de la jeunesse ouest-africaine une opportunité, et non un risque économique durable.
La Rédaction



