Électricité : Le Burkina Faso mise sur deux nouvelles centrales pour booster sa production.
Face à une demande énergétique croissante et à un déficit structurel d’électricité, le Burkina Faso prend le taureau par les cornes. Deux centrales thermiques, financées et construites dans des délais ambitieux, s’apprêtent à entrer en service d’ici fin 2026. Objectif : sécuriser l’approvisionnement, soutenir le développement économique et réduire la dépendance aux importations d’énergie.
Un besoin pressant d’énergie pour relancer l’économie
Le Burkina Faso est l’une des économies d’Afrique de l’Ouest où l’accès à l’électricité reste limité. Malgré de récents efforts pour développer les énergies renouvelables, la production nationale ne suffit pas à satisfaire les besoins des entreprises, des institutions publiques et des ménages.
Ce déficit énergétique est un frein à la croissance, à l’industrialisation et à l’attraction de nouveaux investissements. Dans ce contexte, l’annonce de deux centrales thermiques bientôt opérationnelles constitue une étape majeure dans la stratégie énergétique nationale.
Deux centrales thermiques de 50 MW : une réponse immédiate
Le projet le plus avancé concerne deux centrales thermiques d’une capacité combinée de 50 mégawatts (MW), situées à Kaya et Koudougou — deux des principaux pôles économiques du pays. Ce programme d’urgence, porté par le groupe BUTEC au format Build-Own-Operate-Transfer (BOOT), vise à fournir une énergie stable à court terme tout en impliquant le secteur privé.
Ce plan a franchi une étape décisive avec la clôture du financement de près de 26 milliards de francs CFA, apporté par un consortium bancaire comprenant notamment le Groupe Banque Centrale Populaire.
Les deux installations, dont la construction est bien avancée, devraient être connectées au réseau national et opérationnelles au premier trimestre 2026. Cette mise en service rapide répond à l’urgence énergétique ressentie sur le terrain, notamment dans les grandes villes en pleine expansion.
Une centrale de 119 MW en construction à Ouagadougou
À côté de ce projet d’urgence, une autre initiative de plus grande envergure est en cours dans la capitale. Une centrale thermique de 119 MW, construite par le groupe turc Aksa Enerji, est en phase finale de réalisation.
Ce projet s’appuie sur un contrat d’achat d’électricité (PPA) signé avec la Société Nationale d’Électricité du Burkina (Sonabel) pour une durée de 20 ans, garantissant l’intégration de cette capacité au réseau principal.
La centrale est programmée pour entrer en service d’ici le dernier trimestre 2026, et devrait constituer l’un des plus importants ajouts à la capacité de production nationale depuis plusieurs années.
Pourquoi ces projets sont-ils cruciaux ?
Plusieurs facteurs expliquent l’urgence de ces investissements :
- Une offre insuffisante face à la demande croissante des zones urbaines et industrielles.
- La dépendance actuelle aux importations d’électricité, notamment en provenance des pays voisins comme la Côte d’Ivoire.
- La nécessité de stabiliser le réseau, souvent vulnérable aux pannes ou aux variations de charge.
Les nouvelles centrales thermiques permettront non seulement d’augmenter la capacité de production mais aussi d’améliorer la fiabilité du réseau, réduisant les coupures fréquentes et renforçant la confiance des opérateurs économiques.
Vers un mix énergétique plus diversifié
Si les projets thermiques sont au centre de l’actualité, le Burkina Faso ne mise pas uniquement sur les combustibles fossiles. Des appels d’offres sont en cours pour des centrales solaires photovoltaïques couplées à des systèmes de stockage, dans le but de réduire la dépendance aux importations et de tirer parti du fort ensoleillement du pays.
Cette diversification est essentielle : elle permet de réduire les coûts à long terme, d’atténuer l’impact des fluctuations des prix des énergies fossiles et de participer à la transition énergétique mondiale.
Un impact attendu sur l’économie et l’emploi
Au-delà de l’énergie, ces projets ont des retombées économiques tangibles :
- Création d’emplois locaux pendant les phases de construction et d’exploitation.
- Dynamisation des économies locales autour des villes hôtes.
- Meilleur environnement pour les entreprises, attirant potentiellement des investissements étrangers.
- Contribution aux recettes fiscales via les taxes et charges associées aux filières énergétiques.
Le Burkina Faso ne redécouvre pas l’électricité avec ces deux projets : il passe à la vitesse supérieure. En combinant des solutions d’urgence (50 MW) et des capacités plus structurantes (119 MW), le pays trace une voie pragmatique entre besoins immédiats et vision stratégique à long terme.
Et si l’électricité n’est pas une fin en soi, elle est sans doute l’une des conditions les plus tangibles de la transformation économique celle qui permet à un pays de produire, d’innover et de croître avec plus de certitude.
La Rédaction



