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Bénin : Le champ pétrolier de Sèmè renaît, porté par une découverte estimée à 950 millions de barils.

Après près de trois décennies de silence, le champ pétrolier offshore de Sèmè, au large des côtes béninoises, s’apprête à reprendre vie. Longtemps relégué au rang de souvenir industriel, ce gisement historique revient au centre de l’agenda économique national, porté par une découverte majeure : près de 950 millions de barils de pétrole en place. Une relance qui pourrait redessiner les perspectives énergétiques du Bénin, tout en rappelant que, dans l’or noir, la prudence reste de mise.


Un champ historique remis en mouvement après 27 ans d’arrêt

Découvert dans les années 1960 et exploité entre 1982 et 1998, le champ de Sèmè avait cessé toute production en raison de rendements jugés insuffisants et de conditions techniques contraignantes. Depuis, le Bénin avait quasiment disparu de la carte pétrolière régionale.

Ce cycle semble désormais révolu. Le projet de redéveloppement est conduit par Akrake Petroleum Benin SA, filiale du groupe singapourien Rex International Holding, détenteur de la licence du bloc offshore Sèmè. Les travaux ont officiellement repris en 2024, avec une intensification des forages en 2025.


950 millions de barils “en place” : ce que révèle réellement la découverte

Le forage du puits horizontal AK-2H a marqué un tournant. Les données techniques issues des tests indiquent un réservoir particulièrement étendu, avec une épaisseur significative de grès saturés en hydrocarbures. Les estimations font état d’environ 950 millions de barils de pétrole en place.

Un chiffre impressionnant, mais qui mérite d’être décodé. Il s’agit de volumes présents dans le sous-sol, et non de réserves immédiatement récupérables. En clair, seule une fraction de ce pétrole pourra être extraite, en fonction des technologies utilisées et de la rentabilité économique. Une nuance essentielle, souvent perdue dans le débat public.


Une production attendue dès 2026, à un niveau modeste mais stratégique

Selon les opérateurs du projet, la mise en production commerciale est attendue début 2026, après l’installation complète des infrastructures offshore. La première phase vise une production de l’ordre de 15 000 à 16 000 barils par jour.

À l’échelle des grands producteurs africains, le volume reste modeste. Mais pour le Bénin, l’enjeu est ailleurs :

  • réintégrer la chaîne pétrolière régionale,
  • diversifier les recettes publiques,
  • réduire la dépendance aux importations de produits pétroliers,
  • et relancer tout un écosystème de services parapétroliers.

Un pari économique sous surveillance

La relance de Sèmè intervient dans un contexte mondial marqué par la volatilité des prix du pétrole et la montée en puissance des transitions énergétiques. Le projet devra composer avec des exigences croissantes en matière de rentabilité, d’impact environnemental et de gouvernance.

Les autorités béninoises assurent vouloir tirer les leçons du passé, avec un encadrement plus strict des opérations et une meilleure intégration des retombées économiques locales. Des explorations complémentaires, notamment sur des réservoirs plus profonds, restent à l’étude.


Entre promesse et réalité, le retour du pétrole béninois

Le champ de Sèmè ne transformera pas le Bénin en nouvel eldorado pétrolier. Mais il pourrait marquer un retour maîtrisé dans le club des producteurs, à condition de garder la tête froide face aux chiffres spectaculaires.

Car en matière de pétrole, l’histoire africaine l’a souvent rappelé : ce n’est pas ce qui dort sous terre qui compte, mais ce qui est intelligemment extrait… et utilement investi.

La Rédaction

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