Afreximbank mise sur 8 startups africaines pour accélérer le commerce intra-continental.
Une nouvelle génération d’entrepreneurs africains entre dans la danse. La Banque africaine d’export-import (Afreximbank) vient de franchir une étape majeure en sélectionnant huit startups innovantes capables de transformer le commerce intra-africain. C’est une réponse pragmatique à un défi structurel vieux de plusieurs décennies.
Du diagnostic à l’action : une initiative stratégique
Le Afreximbank Flagship Accelerator Programme, lancé en 2025, n’est pas un concours de pitchs traditionnel. Il s’agit d’un programme d’accélération de trois mois investi de toute l’expertise de la BAD, conçu spécifiquement pour identifier, accompagner et financer des entreprises dont les innovations facilitent le commerce à l’intérieur du continent africain.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie plus large d’Afreximbank de soutenir la mise en œuvre de l’Accord de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (AfCFTA), dont l’un des objectifs est d’augmenter le commerce intra-africain encore faible comparé aux échanges interrégionaux dans d’autres continents.
Huit startups africaines en première ligne
Parmi plus de 1 600 candidatures provenant de tout le continent, huit entreprises ont été retenues pour leur capacité à proposer des solutions concrètes aux obstacles du commerce intra-continental.
Ces startups se distinguent dans plusieurs domaines clés :
- Technologies de paiements transfrontaliers
- Plateformes de commerce digital
- Solutions logistiques régionales
- Accès aux marchés pour PME
La sélection finale, issue d’un processus rigoureux d’évaluations, d’entretiens et de sessions de pitch devant un panel d’experts, met l’accent sur des solutions pragmatiques et applicables rapidement, plutôt que sur des idées conceptuelles.
Ce que le programme offre réellement
L’accompagnement d’Afreximbank ne se limite pas à une accolade ou à un label. Chaque startup finaliste se voit proposer :
- un mentorat intensif avec des experts internationaux,
- un accès privilégié au vaste réseau de la banque, incluant gouvernements, institutions financières et investisseurs privés,
- des ateliers spécialisés pour affiner les modèles d’affaires,
- et, surtout, la possibilité de recevoir jusqu’à 250 000 USD d’investissement en fonds propres à la fin du programme.
Ce soutien financier et technique vise à faire passer ces jeunes pousses de solutions prometteuses à des opérateurs de marché robustes, capables de générer une vraie valeur économique pour leurs clients et pour l’écosystème régional.
Un enjeu plus profond qu’un simple numérique
Il serait réducteur de présenter cette initiative comme un simple coup de projecteur sur l’innovation africaine. Le vrai enjeu est structurel : comment surmonter les obstacles qui freinent encore le commerce intra-africain ? Parmi eux :
- la fragmentation des systèmes de paiement entre pays ;
- des goulots d’étranglement logistiques ;
- des barrières administratives et réglementaires persistantes ;
- l’accès limité des PME aux marchés régionaux.
Les solutions proposées par les startups retenues ciblent précisément ces contraintes. Leur succès pourrait bien servir de levier à une intégration économique plus profonde et à une augmentation durable des échanges entre économies africaines.
Un impact potentiel pour toute une génération
L’approche d’Afreximbank ne se contente pas d’aider des entreprises individuelles : elle contribue à créer un écosystème d’acteurs innovants interconnectés, susceptibles :
- d’augmenter le volume du commerce intra-continental,
- de réduire les coûts et délais des transactions,
- de connecter les PME aux marchés régionaux,
- et de renforcer l’inclusion financière dans des zones encore peu desservies.
Ce faisant, la banque met en pratique une logique de croissance inclusive, où l’innovation locale sert des objectifs économiques régionaux ambitieux.
L’effort d’Afreximbank autour de ces huit startups n’est pas un feu de paille. Il est l’expression d’une volonté stratégique forte : faire de l’Afrique non plus un simple fournisseur de ressources, mais un environnement capable de générer des solutions technologiques et commerciales adaptées à ses propres défis. Si ces jeunes entreprises parviennent à transformer leurs idées en produits et services viables, elles ne créeront pas seulement de la richesse pour elles-mêmes elles pourraient bien accélérer une révolution du commerce intra-africain qui profite à toute une génération d’entrepreneurs, de commerçants et de consommateurs.
La Rédaction



