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AFC notée « A » par S&P : Un signal fort pour le financement des infrastructures africaines.

La finance internationale parle rarement avec enthousiasme de l’Afrique. Quand elle le fait, il faut tendre l’oreille. En décrochant la note « A » assortie d’une perspective positive auprès de S&P Global Ratings, Africa Finance Corporation (AFC) franchit un cap symbolique et stratégique. Plus qu’une reconnaissance, cette notation redessine les conditions de financement des infrastructures sur le continent.


Une notation qui change de dimension

S&P Global Ratings a attribué à Africa Finance Corporation (AFC) une notation de crédit de long terme « A » et une note de court terme « A-1 », accompagnées d’une perspective positive.
Dans l’univers feutré des agences de notation, cette combinaison est loin d’être anodine : elle classe AFC parmi les institutions financières africaines les mieux notées au niveau mondial, dans la catégorie dite investment grade.

Pour les marchés, le message est clair : AFC est jugée suffisamment solide pour inspirer confiance aux investisseurs institutionnels les plus exigeants.


Pourquoi S&P fait confiance à AFC

Derrière la note, il y a une lecture minutieuse du modèle économique et financier de l’institution panafricaine. S&P met en avant plusieurs piliers.

Un bilan robuste et une gestion prudente

L’agence souligne la qualité des actifs, une liquidité confortable et une gestion rigoureuse des risques. AFC affiche un profil financier stable, capable d’absorber les chocs dans un environnement africain souvent volatil.

Une expertise reconnue dans les projets complexes

AFC n’est pas un simple bailleur de fonds. Elle intervient là où le financement privé classique hésite : énergie, transport, logistique, industries lourdes, télécommunications.
Sa capacité à structurer des projets d’infrastructures complexes, souvent transfrontaliers, a pesé lourd dans l’évaluation de S&P.

Un ancrage continental solide

Depuis sa création, AFC a mobilisé plus de 18 milliards de dollars d’investissements dans près de 40 pays africains. Cette présence large réduit les risques de concentration et renforce sa résilience face aux chocs localisés.


Une perspective positive, pas un détail

La perspective positive signifie que S&P envisage une amélioration de la notation à moyen terme, sous certaines conditions :
– poursuite de la diversification des sources de financement,
– élargissement de la base d’actionnaires,
– maintien d’indicateurs financiers solides.

Autrement dit, AFC n’a pas seulement convaincu sur son passé. Elle crédibilise aussi son avenir.


Un impact direct sur le coût de l’argent

Dans la finance internationale, une meilleure note se traduit presque mécaniquement par un accès plus large et moins coûteux aux marchés de capitaux.

Pour AFC, cela signifie :

  • des emprunts à des taux plus compétitifs,
  • une capacité accrue à lever des fonds à long terme,
  • un rôle renforcé de catalyseur de capitaux privés pour l’Afrique.

Dans un continent où le déficit de financement des infrastructures se chiffre en centaines de milliards de dollars par an, cet effet de levier est déterminant.


Au-delà d’AFC, un signal pour l’Afrique

Cette notation dépasse le seul cas d’AFC. Elle envoie un message plus large : des institutions africaines peuvent atteindre les standards les plus élevés de la finance mondiale, sans renoncer à leur mission de développement.

Pour les investisseurs internationaux encore frileux, c’est une piqûre de rappel : le risque africain n’est pas monolithique, et certaines structures savent le maîtriser.


AFC n’a pas seulement obtenu une bonne note. Elle a gagné du temps, de la crédibilité et de la marge de manœuvre.
Dans une Afrique qui cherche à financer sa transformation sans s’endetter à n’importe quel prix, cette reconnaissance pourrait bien faire école.

Quand la confiance baisse le coût du capital, ce sont les routes, les centrales et les usines qui finissent par sortir de terre.

La Rédaction

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