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Sénégal : Senelec impose un droit de timbre de 1 % sur les paiements en espèces.

La Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) rejoint ses homologues dans l’application d’une taxe prévue par la loi, visant à réduire le recours au cash et renforcer les recettes de l’État. Une mesure qui transforme peu à peu le paysage des paiements publics.


Une taxe prévue depuis octobre 2025… enfin appliquée

Depuis le 28 janvier 2026, Senelec applique systématiquement un droit de timbre de 1 % sur tous les paiements effectués en espèces par ses clients. Cette décision, officialisée par la société publique, fait suite à la loi n° 2025‑18 du 27 septembre 2025, qui prévoit cette taxe sur les transactions en numéraire dans le cadre des services publics.

Jusqu’à présent, Senelec avait différé la mise en œuvre, contrairement à SenEau ou à d’autres fournisseurs, qui avaient commencé à collecter cette taxe dès le 4 octobre 2025. Cette entrée tardive marque donc un alignement des pratiques avec la législation fiscale en vigueur.


L’objectif officiel : moderniser les paiements et sécuriser les recettes

Selon les textes officiels et les communiqués de Senelec, cette taxe répond à trois objectifs principaux :

  1. Renforcer les recettes fiscales de l’État en élargissant l’assiette des prélèvements indirects.
  2. Réduire la circulation du liquide et encourager l’usage des moyens de paiement électroniques, plus traçables.
  3. Harmoniser les pratiques entre différents fournisseurs de services publics, afin que tous contribuent à l’assiette fiscale de manière équitable.

Ainsi, chaque paiement en espèces, qu’il soit pour l’électricité, l’eau ou d’autres services soumis à cette loi, est désormais assujetti à un prélèvement automatique de 1 %, collecté par l’entreprise et reversé au Trésor public.


Une mesure qui impacte directement le consommateur

Pour les clients, cette taxe signifie que chaque paiement en liquide sera légèrement plus coûteux. Sur une facture de 100 000 FCFA, par exemple, le montant supplémentaire serait de 1 000 FCFA, collecté au titre du droit de timbre.

Si l’impact financier reste limité, la portée symbolique est importante : le Sénégal poursuit sa transition vers un modèle de paiement électronique, où le cash devient progressivement l’exception plutôt que la norme.


Une adoption progressive mais inévitable

L’application par Senelec clôt une phase de différence de traitement entre entreprises publiques. Le gouvernement a clairement indiqué que tous les fournisseurs de services publics devront s’y conformer, dans un objectif de transparence et d’efficacité fiscale.

Cette mesure s’inscrit dans un contexte plus large :

  • réforme fiscale visant à sécuriser les recettes publiques,
  • promotion de l’inclusion financière numérique,
  • modernisation des services publics pour faciliter le contrôle des transactions.

L’approche graduelle SenEau dès octobre 2025, Senelec fin janvier 2026 illustre la prudence adoptée pour éviter un choc sur les consommateurs et faciliter la transition vers les paiements électroniques.


La mise en œuvre du droit de timbre de 1 % sur les paiements en espèces par Senelec n’est pas un bouleversement majeur pour le portefeuille des ménages, mais elle symbolise un tournant dans la gestion des services publics au Sénégal. Entre modernisation du système, sécurisation des recettes et encouragement des paiements électroniques, cette mesure illustre un principe simple : le futur des transactions se joue moins dans le cash que dans le numérique. Les entreprises et les citoyens sont désormais invités à s’adapter, sous peine de voir leurs factures gonfler, non pas par la consommation, mais par le moyen de paiement choisi.

La Rédaction

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