Niger : La Banque mondiale prépare un appui massif de 137 milliards de FCFA pour relancer les PME.
Face à un secteur privé fragilisé par l’accès limité au crédit, la Banque mondiale envisage un financement structurant en faveur des petites et moyennes entreprises nigériennes. Un signal fort, à la fois économique et politique.
Un soutien ciblé au cœur de l’économie réelle
Au Niger, les petites et moyennes entreprises ne manquent ni d’idées ni de besoins. Ce qui leur fait défaut, en revanche, reste l’accès au financement. Dans un contexte marqué par un resserrement du crédit, une liquidité bancaire contrainte et une activité économique sous pression, la Banque mondiale prépare un nouveau financement de 250 millions de dollars destiné à soutenir directement le tissu des PME.
L’information a été confirmée à l’issue d’échanges tenus fin janvier 2026 à Niamey entre les autorités nigériennes et une délégation de l’institution de Bretton Woods. Le projet, encore en phase de préparation, vise à renforcer la capacité du système financier à irriguer l’économie réelle.
250 millions USD pour débloquer le crédit
L’enveloppe envisagée, environ 137 milliards de FCFA, ne serait pas injectée directement dans les entreprises, mais canalisée à travers le secteur financier, principal goulot d’étranglement de l’économie nigérienne.
Selon les informations disponibles, le mécanisme à l’étude comprendrait :
- des lignes de crédit dédiées aux banques et institutions financières,
- des instruments de renforcement de la liquidité,
- et possiblement des prêts subordonnés destinés à améliorer la capacité de prêt des établissements locaux.
L’objectif est clair : relancer l’octroi de crédits aux PME, aujourd’hui pénalisées par des conditions de financement jugées trop coûteuses ou inaccessibles.
Pourquoi les PME sont devenues une priorité stratégique
Les PME représentent l’épine dorsale de l’économie nigérienne. Elles concentrent une large part :
- de l’emploi non agricole,
- de la transformation locale,
- et de la création de valeur hors secteur extractif.
Pourtant, leur contribution reste bridée par :
- un accès limité aux financements bancaires,
- des maturités de prêts trop courtes,
- et des exigences de garanties difficilement atteignables.
En soutenant les PME, la Banque mondiale cherche donc à stimuler une croissance plus inclusive, moins dépendante des investissements publics et des projets extractifs.
Un projet inscrit dans une stratégie plus large
Ce financement ne constitue pas une initiative isolée. Il s’inscrit dans une stratégie globale d’appui au Niger, déjà marquée par plusieurs programmes en faveur :
- des infrastructures,
- de la gouvernance économique,
- du capital humain,
- et de la résilience sociale.
En ciblant cette fois le secteur privé, l’institution internationale envoie un message clair : la reprise économique passera aussi par l’entreprise locale, et non uniquement par les grands projets publics.
Entre espoirs économiques et défis structurels
Si l’annonce est bien accueillie par les acteurs économiques, plusieurs défis demeurent :
- la capacité des banques à répercuter effectivement ces ressources vers les PME,
- la gouvernance et la transparence dans l’allocation des crédits,
- et l’environnement des affaires, encore marqué par des risques élevés.
Le succès du programme dépendra donc autant de son architecture financière que de son exécution sur le terrain.
Un signal de confiance, dans un contexte délicat
Dans un pays confronté à de fortes contraintes budgétaires et à un climat économique tendu, ce projet de financement constitue un signal de confiance important de la part d’un partenaire clé. Il rappelle aussi que, malgré les incertitudes, le Niger reste un terrain d’intervention stratégique pour les bailleurs internationaux.
Le financement de 250 millions de dollars en préparation ne transformera pas instantanément le paysage économique nigérien. Mais s’il est bien orienté, il pourrait desserrer l’étau du crédit qui étouffe les PME. Dans une économie où l’État ne peut pas tout, redonner de l’oxygène aux entreprises locales pourrait faire la différence entre stagnation et redémarrage.
La Rédaction



