UEMOA : Le climat des affaires reprend des couleurs.
Portée par une demande intérieure résiliente et une confiance retrouvée des entreprises, l’Union économique et monétaire ouest-africaine affiche en octobre dernier un climat des affaires orienté à la hausse, malgré un environnement international encore incertain.
Une confiance des entreprises au-dessus de la moyenne historique
Les signaux sont clairs. Selon les dernières enquêtes de conjoncture publiées par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), l’indicateur synthétique du climat des affaires dans l’UEMOA s’est maintenu au-dessus de sa moyenne de long terme en octobre 2025.
Cet indicateur, fondé sur les perceptions des chefs d’entreprise, mesure l’évolution de l’activité, des carnets de commandes, de la trésorerie et des perspectives à court terme. Son positionnement en zone favorable traduit une amélioration tangible du sentiment économique, comparativement aux mois précédents.
En clair, les entreprises de l’Union jugent l’environnement moins contraignant et anticipent une poursuite de l’activité à court terme.
Une dynamique soutenue par la demande intérieure
L’amélioration du climat des affaires s’explique d’abord par la résilience de la demande intérieure, principal moteur de la croissance régionale en 2025.
Malgré les tensions géopolitiques et le ralentissement de l’économie mondiale, les économies de l’UEMOA ont bénéficié :
- d’une activité commerciale soutenue,
- d’une bonne tenue des services,
- et d’une campagne agricole globalement favorable dans plusieurs pays.
La consommation des ménages, moins pénalisée par l’inflation qu’en 2024, a continué de soutenir les ventes, renforçant ainsi la visibilité des entreprises sur leurs débouchés.
Inflation maîtrisée, conditions financières plus lisibles
Autre facteur clé de cette embellie : l’apaisement progressif des tensions inflationnistes. En octobre 2025, l’inflation dans l’UEMOA est restée modérée, voire contenue dans certains États membres, offrant un répit bienvenu aux entreprises comme aux ménages.
Cette évolution a contribué à :
- stabiliser les coûts de production,
- préserver le pouvoir d’achat,
- et améliorer la planification financière des entreprises.
Dans le même temps, la politique monétaire prudente de la BCEAO a permis de maintenir un cadre financier relativement prévisible, condition essentielle à la confiance des acteurs économiques.
Une croissance régionale solide, malgré les vents contraires
Sur le plan macroéconomique, l’UEMOA continue d’afficher une croissance robuste en 2025, supérieure à celle observée l’année précédente, même si certaines institutions internationales ont revu légèrement leurs projections à la baisse.
Ce contraste souligne une réalité :
Les fondamentaux régionaux restent solides, malgré un environnement international marqué par la volatilité des marchés, le resserrement monétaire global et les incertitudes géopolitiques.
Les secteurs de l’agriculture, de l’industrie agroalimentaire, du commerce et des services demeurent les principaux piliers de cette dynamique.
Des disparités persistantes entre pays et secteurs
Cette amélioration du climat des affaires ne masque toutefois pas des déséquilibres structurels. Les enquêtes de la BCEAO révèlent des écarts notables :
- entre pays côtiers et pays enclavés,
- entre grandes entreprises et PME,
- et entre secteurs exposés à l’exportation et ceux tournés vers les marchés locaux.
Par ailleurs, certains freins demeurent : accès au financement, infrastructures, pression fiscale ou encore incertitudes réglementaires dans certains États.
Le climat est plus favorable, mais pas encore homogène.
Un signal positif pour l’investissement privé
L’évolution du climat des affaires en octobre 2025 constitue néanmoins un signal encourageant pour l’investissement privé, national comme régional. Les entreprises interrogées anticipent une amélioration de leurs performances, une meilleure utilisation des capacités de production et, à moyen terme, un redémarrage progressif des projets d’investissement.
Dans un contexte où les États disposent de marges budgétaires limitées, la confiance du secteur privé devient un levier central de la croissance régionale.
L’embellie du climat des affaires dans l’UEMOA à l’automne 2025 ne relève pas de l’euphorie, mais d’un réalignement progressif des fondamentaux. Dans une économie mondiale sous tension, la confiance retrouvée des entreprises apparaît comme un actif stratégique. Reste désormais à transformer ce regain d’optimisme en investissements durables, faute de quoi le climat pourrait s’éclaircir sans jamais réellement changer de saison.
La Rédaction



