Zijin Gold s’empare d’Allied Gold pour 4 milliards $ : Une offensive stratégique sur l’or africain.
L’un des plus grands mouvements de consolidation du secteur minier mondial a été officialisé ce lundi 26 janvier 2026 : le groupe chinois Zijin Gold International est en passe de racheter la société canadienne Allied Gold dans une transaction entièrement financée en numéraire et valorisée à environ 5,5 milliards de dollars canadiens, soit environ 4 milliards de dollars américains un coup d’accélérateur majeur pour l’expansion de la présence chinoise dans l’extraction aurifère en Afrique subsaharienne.
L’offre, qui doit encore recevoir l’aval des actionnaires et des autorités réglementaires, met en lumière l’attrait croissant des ressources africaines pour les géants miniers mondiaux et dessine un futur où l’Afrique peut devenir un pivot central de la stratégie d’approvisionnement des grandes compagnies.
Une offre en cash qui change la donne
L’accord prévoit que Zijin Gold paiera 44 dollars canadiens par action Allied Gold, une proposition 100 % en numéraire qui représente une prime d’environ 27 % par rapport à la moyenne pondérée du cours sur 30 jours avant l’annonce de l’opération.
Ce type de transaction « tout cash » est significatif : il offre une valeur immédiate et certaine aux actionnaires d’Allied Gold, éliminant les incertitudes liées aux opérations hybrides ou aux échanges d’actions. Le conseil d’administration d’Allied recommande d’ailleurs cette option comme meilleure manière de maximiser la valeur pour ses investisseurs.
La finalisation du rachat est attendue d’ici la fin avril 2026, sous réserve de l’approbation d’au moins deux tiers des actionnaires et des validations réglementaires au Canada et en Chine.
Afrique au cœur de l’expansion : Mali et Côte d’Ivoire en pole position
Ce rachat donne à Zijin Gold un portefeuille d’actifs substantiel et diversifié en Afrique, un continent déjà capital pour la production mondiale d’or. Allied Gold possède des mines et projets répartis dans plusieurs pays, notamment :
- la mine de Sadiola au Mali, l’un des actifs aurifères les plus importants de la région ;
- le complexe de mines Bonikro et Agbaou en Côte d’Ivoire ;
- d’autres projets en développement comme Kurmuk en Éthiopie.
Pour Zijin, qui opère déjà dans plusieurs pays africains, cette acquisition constitue une montée en puissance significative de ses opérations dans la région, renforçant sa capacité de production et son ancrage dans l’un des bassins aurifères les plus actifs du monde.
Un contexte de consolidation du secteur aurifère
La transaction intervient dans un contexte de prix de l’or historiquement élevés, qui ont dopé les marges des producteurs et encouragé les mouvements de fusion-acquisition plutôt que la simple exploration. Le cours du métal précieux a récemment dépassé les 5 100 $ l’once, créant des flux de trésorerie importants pour les grandes compagnies minières et stimulant une vague de transactions similaires dans le secteur.
Pour les acteurs comme Zijin déjà l’un des plus grands producteurs mondiaux cotés à la Bourse de Hong Kong ce type d’opération a du sens : sécuriser des actifs de longue durée de vie, augmenter la production potentielle à l’échelle mondiale et diversifier géographiquement ses sources.
Ce que disent les dirigeants
Le président d’Allied Gold, Peter Marrone, a salué l’offre comme “hautement attrayante” pour les actionnaires, soulignant la valeur créée par le portefeuille d’actifs de la société et applaudissant l’approche stratégique de Zijin.
Du côté chinois, Hongfu Lin, président de Zijin Gold, a indiqué que l’opération s’inscrit parfaitement dans la stratégie du groupe d’acquérir « des actifs aurifères de haute qualité avec un fort potentiel d’expansion sur plusieurs décennies », et que l’entreprise entend travailler en étroite collaboration avec les parties prenantes locales pour poursuivre et développer les opérations.
Impacts potentiels pour l’Afrique de l’Ouest
Au-delà de l’aspect financier, cette acquisition pourrait avoir des répercussions concrètes sur les économies concernées :
- l’accroissement des investissements directs étrangers dans le secteur minier ;
- la poursuite de projets d’extension ou de modernisation des installations existantes ;
- des retombées potentielles en termes d’emplois et de transfert de technologies.
Toutefois, certains observateurs soulignent que le succès réel dépendra des cadres réglementaires, des conditions de stabilité politique et de la capacité des États à sécuriser leurs intérêts économiques et sociaux dans le cadre de telles opérations transfrontalières.
Cette acquisition de Allied Gold par Zijin Gold pour environ 4 milliards $ n’est pas une simple transaction financière : elle est symptomatique d’un chauffage du marché mondial de l’or, d’une consolidation stratégique des acteurs majeurs et d’une présence chinoise de plus en plus affirmée sur les ressources africaines. Dans un monde où les métaux précieux restent un refuge et un levier de puissance économique, la manière dont cette opération sera intégrée tant par les communautés locales que par les États hôtes dira long sur l’avenir de l’exploitation minière en Afrique de l’Ouest et sur la place que ce continent occupera dans les chaînes de valeur mondiales.
La Rédaction



