Afrique : La croissance économique accélère à 3,9 % en 2025, selon les prévisions internationales.
L’économie africaine connaîtrait en 2025 une accélération notable de sa croissance, avec un taux estimé à 3,9 % du Produit intérieur brut (PIB), selon les projections des grandes institutions économiques internationales. Cette dynamique, plus soutenue que les performances observées ces dernières années, signale une résilience du continent malgré un contexte mondial incertain, tout en soulignant des défis structurels persistants.
Cette progression reflète un rebond post-pandémie et une meilleure stabilité macroéconomique dans plusieurs grandes économies africaines, même si le rythme reste en dessous du seuil promis par les objectifs de développement durable.
Un rebond confirmé par les institutions internationales
Les projections publiées récemment dans le rapport World Economic Situation and Prospects 2026 de l’ONU indiquent que la croissance économique du continent devrait atteindre 3,9 % en 2025, après une progression de 3,5 % en 2024.
Ce chiffre place l’Afrique dans une trajectoire de croissance légèrement supérieure à celles de nombreuses régions émergentes, même si elle reste en dessous des rythmes observés en Asie du Sud ou en Asie de l’Est.
L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dans son rapport Dynamiques du développement en Afrique 2025, corrobore cette projection, estimant une croissance en Afrique autour de 3,9 % pour l’année 2025, ce qui témoigne d’une stabilisation progressive de l’activité économique à l’échelle continentale.
Les moteurs de la reprise
L’accélération attendue de la croissance africaine repose sur plusieurs facteurs :
- Stabilité macroéconomique accrue dans plusieurs grandes économies, améliorant la confiance des investisseurs.
- Reprise de la consommation interne et des investissements, dynamisée par la baisse de l’inflation et l’assouplissement des conditions monétaires dans certains pays.
- Renforcement des échanges régionaux, notamment grâce à l’African Continental Free Trade Area (AfCFTA), qui stimule l’intégration commerciale intra-africaine.
Cependant, cette dynamique s’opère dans un environnement global encore fragile, marqué par des incertitudes sur le commerce mondial, une dette publique élevée dans certains pays et des défis persistants liés à l’emploi et à l’inclusion sociale.
Disparités régionales et défis persistants
Si la moyenne continentale est estimée à 3,9 %, des disparités importantes subsistent entre les régions et les économies africaines.
Dans certaines régions comme l’Afrique de l’Est, des pays leaders pourraient enregistrer des taux de croissance plus élevés, portés par une diversification économique plus dynamique et des réformes structurelles poussées.
À l’inverse, des économies fortement tributaires des matières premières ou touchées par des conflits, des tensions géopolitiques ou des pressions inflationnistes voient leur croissance plus contrainte.
Les projections montrent aussi que, dans l’ensemble, la croissance attendue pour 2026 devrait encore s’accélérer, avec une prévision à 4,0 % pour l’année suivante, reflétant une amélioration progressive de l’environnement économique global.
Quelles implications pour le développement ?
Pour les décideurs, cette perspective de croissance plus robuste est une fenêtre d’opportunité, mais elle pose aussi des questions cruciales :
- Comment traduire cette croissance en création d’emplois durables, surtout pour une population jeune et en forte expansion ?
- Comment renforcer la résilience face aux chocs climatiques, aux tensions géopolitiques et à la volatilité des marchés internationaux ?
- Comment améliorer les conditions d’investissement local et étranger pour soutenir des secteurs productifs au-delà des matières premières ?
La réponse à ces questions sera déterminante pour faire de ces projections une réalité tangible pour les populations africaines, notamment en matière de réduction de la pauvreté, d’amélioration des revenus et de développement inclusif.
Si l’Afrique accélère sa croissance à 3,9 % en 2025, ce n’est pas simplement une donnée macroéconomique : c’est le signe d’une capacité de rebond face à un monde incertain, d’une continuité dans les réformes structurelles et d’un regain de dynamisme après des années de croissance atone. Mais ce chiffre ne doit pas masquer l’essentiel : une croissance durable et inclusive ne peut se bâtir sans emplois de qualité, investissements stratégiques et intégration régionale renforcée. Pour transformer 3,9 % de croissance en progrès social concret, les économies africaines doivent conjuguer ambition et détermination, sinon cette accélération restera juste un beau chiffre dans un rapport.
La Rédaction



