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Afrique : L’écosystème startup retrouve des couleurs et capte 4,1 milliards de dollars de financements en 2025.

Après une phase de ralentissement du financement tech observée en 2023-2024, l’écosystème des startups africaines a rebondi en 2025, avec 4,1 milliards de dollars mobilisés en capitaux propres et dette, un niveau jamais atteint depuis plusieurs années, selon le Partech Africa Tech Venture Capital Report 2025. Ce chiffre marque une étape importante dans la consolidation du marché continental des investissements technologiques et traduit une reprise de confiance des investisseurs internationaux et locaux.


Un rebond significatif après la pause

Le total de 4,1 milliards de dollars investis en 2025 représente une croissance de 25 % par rapport à 2024, où les financements combinés avaient été plus modestes dans un contexte économique global incertain.

Ce rebond est notable pour plusieurs raisons :

  • Il intervient après une baisse des levées de fonds observée en 2024, où les startups africaines avaient levé environ 3,2 milliards de dollars.
  • Il illustre une résilience accrue de l’écosystème africain face aux aléas macroéconomiques mondiaux.

La dette, moteur inattendu du marché

Un constat fort de 2025 est l’importance croissante des financements par dette (venture debt). Cette catégorie d’investissements a atteint 1,64 milliard de dollars, soit une hausse de 63 % par rapport à 2024, le niveau le plus élevé jamais enregistré sur le continent.

La dette a représenté près de 41 % du total des financements, contre 31 % en 2024 et seulement 17 % en 2019. Cette progression souligne deux phénomènes :

  1. Une utilisation plus fréquente de structures financières non dilutives, permettant aux jeunes pousses de se développer sans diluer les parts des fondateurs.
  2. Un élargissement des outils de financement disponibles, avec une sophistication croissante des marchés africains.

L’équité reste stable mais disciplinée

Contrairement à la dette, le financement en capitaux propres (equity) a progressé de manière plus modérée, avec environ 2,4 milliards de dollars levés en 2025.

Ce segment n’a pas explosé, mais il a gagné en qualité et en taille des transactions :

  • Les Series A et B ont vu leur taille moyenne augmenter, signe d’un regain de confiance pour des startups ayant déjà dépassé le stade de la preuve de concept.
  • Le nombre total de deals a légèrement augmenté, atteignant environ 570 transactions, indiquant que l’augmentation du financement n’est pas uniquement liée à quelques opérations exceptionnelles, mais à une dynamique plus large du marché.

Quatre hubs concentrent l’essentiel des capitaux

Comme les années précédentes, quatre marchés continuent de dominer le continent pour l’attraction de capitaux :

  • Kenya, qui a levé plus d’1 milliard de dollars en 2025, grâce notamment à sa forte attractivité en dette et aux mégadeals captés sur place.
  • Afrique du Sud, qui a consolidé sa position de leader sur les levées en equity.
  • Égypte et Nigeria, deux écosystèmes variés où fintech, logistique et technologies locales attirent des financements substantiels.

Ces « hubs » souvent appelés les Big Four ont capté 72 % des financements totaux du continent, démontrant que malgré la progression du financement sur l’ensemble de l’Afrique, une large part du capital reste concentrée dans quelques centres.


Des secteurs porteurs au-delà de la fintech

Historiquement dominé par la fintech, l’écosystème africain des startups commence à voir une diversification des secteurs financés :

  • Clean tech et énergie renouvelable bénéficient d’un intérêt croissant, notamment via des tours de dette structurés pour soutenir la montée des projets d’énergie propre.
  • Proptech, healthtech et technologies d’entreprise montrent des signes de traction, avec plusieurs levées importantes rapportées tout au long de l’année.

Ce mouvement vers un portefeuille sectoriel plus équilibré est un bon signe d’une maturité plus large de l’écosystème, moins dépendant d’un seul secteur et mieux armé pour affronter les cycles économiques.


Les défis qui restent à relever

Malgré ces avancées, plusieurs défis structurels persistent :

  • Concentration des financements dans quelques hubs ;
  • Pénurie de tours avancés (Series C et au-delà) sur le continent, limitant la capacité des startups à atteindre une échelle véritablement globale ;
  • Difficultés pour les fondateurs hors zones dominantes d’attirer des capitaux significatifs.

Ces défis rappellent que, si le rebond de 2025 est réel, le chemin vers un écosystème intégré et inclusif reste long, nécessitant davantage de fonds locaux, de cadres réglementaires favorables et de capacités entrepreneuriales renforcées.


La levée de 4,1 milliards de dollars de capitaux en 2025 est bien plus qu’un chiffre : elle est le signal que l’écosystème startup africain s’est affranchi de sa stagnation récente, et qu’il entre dans une phase de croissance plus structurée et diversifiée. Cependant, derrière ce chiffre se cache une réalité contrastée : les géants continuent d’attirer la majorité des fonds, tandis que l’essentiel du continent reste en quête de son propre moment de décollage. C’est ce double visage entre hubs matures et marchés émergents encore fragiles qui définira l’innovation africaine des dix prochaines années.


La Rédaction

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