Bénin : Le marché UMOA-Titres s’emballe, la demande triple l’offre pour 60 milliards FCFA.
Le Trésor béninois a marqué les esprits ce 22 janvier 2026 lors d’une adjudication organisée via UMOA-Titres, la plateforme régionale de placement des titres publics des États de l’UEMOA. Pour une demande initiale de 60 milliards FCFA, les investisseurs ont proposé près de 175 milliards, soit trois fois l’objectif fixé, témoignant d’un intérêt exceptionnel pour la signature souveraine du Bénin.
Cette opération souligne la profondeur croissante du marché régional et la confiance des investisseurs dans les États de l’UEMOA, tout en révélant les enjeux de maîtrise du coût de la dette et de gestion prudente des émissions publiques.
Une demande record face à une offre modérée
Le Bénin avait initialement prévu de lever 60 milliards FCFA, destinés à renforcer la trésorerie et financer les besoins du budget 2026. La souscription massive des investisseurs 175,23 milliards FCFA a porté le taux de couverture à 292 %, un niveau rarement observé dans la région.
Face à cet engouement, le Trésor a choisi de retenir 66 milliards FCFA seulement, afin de maîtriser l’endettement et d’éviter un excès de liquidités qui pourrait peser sur les taux futurs. Cette approche traduit une gestion stratégique et prudente du financement public.
Détails de l’opération, BAT et OAT en vedette
L’adjudication portait sur plusieurs instruments :
- Bons Assimilables du Trésor (BAT) à 182 jours : propositions de 16,89 milliards FCFA
- Obligations Assimilables du Trésor (OAT) à 3 ans : 44,06 milliards FCFA
- OAT à 5 ans : 2,31 milliards FCFA
- OAT à 7 ans : 2,72 milliards FCFA
Total des souscriptions : 175,23 milliards FCFA
Cette diversité d’instruments a permis aux investisseurs de choisir selon leurs horizons et leur appétit pour le risque, et au Trésor de maintenir une stratégie équilibrée sur les différentes maturités.
Rendements : attractifs mais maîtrisés
Malgré la forte demande, les rendements restent raisonnables et compétitifs :
- BAT 182 jours : 5,32 %
- OAT 3 ans : 6,43 %
- OAT 5 ans : 6,68 %
- OAT 7 ans : 6,93 %
Ces taux traduisent une confiance des investisseurs, tout en assurant au Trésor un coût de financement soutenable, notamment sur les maturités longues.
Qui a investi ?
La participation reflète l’intégration régionale et l’intérêt des investisseurs étrangers :
- Côte d’Ivoire : 33,23 milliards FCFA
- Bénin : 17,67 milliards FCFA
- Burkina Faso : 7,30 milliards FCFA
- Sénégal : 6,50 milliards FCFA
- Mali : 1 milliard FCFA
Cette répartition démontre la profondeur et la liquidité croissante du marché régional, et la confiance partagée dans la stabilité de la signature publique du Bénin.
Pourquoi cette adjudication est significative
Plusieurs facteurs expliquent ce succès :
- Stabilité macroéconomique relative du Bénin, qui rassure les investisseurs.
- Politique de dette prudente, avec un taux d’absorption limité pour maîtriser les coûts.
- Appétit des investisseurs pour les titres souverains liquides, qui restent une valeur refuge dans la zone UEMOA.
Ce type de sur-souscription est devenu un indicateur clé de la confiance dans la zone UEMOA, et permet aux États de calibrer leurs besoins en fonction des signaux du marché.
Lorsque le Bénin met en adjudication 60 milliards FCFA et que les investisseurs en proposent trois fois plus, ce n’est pas qu’un succès financier : c’est le signe que le marché UEMOA s’affirme comme un acteur mature, intégré et confiant.
Dans ce contexte, la discipline budgétaire et la transparence deviennent les clés pour transformer cet engouement en opportunités de croissance durable. Le Bénin, en limitant l’absorption, montre qu’un marché profond et exigeant peut être géré avec prudence et stratégie.
La Rédaction

