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Marché régional : Le Mali lève 55 milliards FCFA et confirme l’appétit des investisseurs UEMOA.

Le Trésor public du Mali a mobilisé 55 milliards de FCFA ce mercredi sur le marché régional des titres publics, à l’issue d’une adjudication de bons et obligations du Trésor organisée par Umoa-Titres.
L’opération, initialement calibrée pour 50 milliards FCFA, a été sur-souscrite, confirmant la capacité de l’État malien à capter des ressources financières au sein de l’espace UEMOA, malgré un environnement macroéconomique et sécuritaire exigeant.


Une levée au-delà de l’objectif initial

Selon les données officielles d’Umoa-Titres et des agences financières régionales, les investisseurs ont soumis 66,52 milliards FCFA, soit un taux de couverture de 133,04 %.
Face à cette demande soutenue, le Trésor a retenu 55 milliards FCFA, dépassant ainsi de 5 milliards FCFA son objectif initial.

Un signal clair : la dette souveraine malienne continue de trouver preneur sur le marché régional, en particulier sur les maturités courtes.


Trois instruments, une stratégie équilibrée

L’adjudication portait sur trois types de titres, combinant financement de court terme et ressources à moyen terme.

Les bons du Trésor à 364 jours en tête

Les Bons Assimilables du Trésor (BAT) à 364 jours ont constitué le cœur de l’opération :

  • 49,78 milliards FCFA de soumissions reçues
  • 43 milliards FCFA retenus
  • Taux marginal : 6,76 %
  • Rendement moyen pondéré : 7,23 %

Ce succès confirme l’appétit des investisseurs pour des instruments liquides et à faible horizon, dans un contexte régional de taux encore élevés.

Les obligations à moyen terme complètent l’opération

  • OAT à 3 ans :
    • 9,74 milliards FCFA proposés
    • 5 milliards FCFA retenus
  • OAT à 5 ans :
    • 7 milliards FCFA proposés
    • 7 milliards FCFA intégralement retenus

La pleine souscription des obligations à 5 ans traduit une confiance relative sur le moyen terme, malgré les risques perçus.


Des investisseurs régionaux au rendez-vous

La répartition géographique des souscriptions met en évidence le caractère résolument régional du financement de l’État malien.

La Côte d’Ivoire s’impose comme le premier souscripteur, avec plus de 21 milliards FCFA retenus sur les BAT.
Le Mali, via ses institutions financières locales, a contribué à hauteur de 8,51 milliards FCFA.

D’autres pays de l’UEMOA ont également participé :

  • Guinée-Bissau
  • Burkina Faso
  • Sénégal
  • Togo

Cette diversité confirme que le marché régional joue pleinement son rôle de mutualisation de l’épargne et du risque souverain.


À quoi serviront ces ressources ?

Les fonds levés permettront au Trésor public de :

  • couvrir les besoins de trésorerie courante,
  • assurer la continuité des dépenses publiques,
  • soutenir l’exécution budgétaire dans un contexte de pression sur les finances publiques.

La date de valeur de l’opération a été fixée au 22 janvier 2026, marquant la mise à disposition effective des ressources.


un succès… sous conditions

Cette adjudication réussie envoie plusieurs messages au marché :

  • le Mali reste finançable sur le marché UEMOA ;
  • les investisseurs privilégient le court terme, jugé moins risqué ;
  • la discipline budgétaire et la gestion de la dette demeurent des enjeux clés.

Car si la demande est bien là, le coût du financement reste élevé, reflet d’un environnement régional tendu et d’une perception du risque encore présente.


En levant 55 milliards FCFA au-delà de ses ambitions initiales, le Mali démontre qu’il conserve l’accès au robinet financier régional.
Reste désormais un défi plus exigeant que la levée elle-même : transformer ces ressources empruntées en leviers de stabilité, de croissance et de crédibilité budgétaire durable. Le marché, lui, observe déjà la prochaine échéance.

La Rédaction

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