UEMOA : L’excédent commercial explose à 2 400 milliards FCFA, un tournant pour la balance extérieure.
L’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) signe une performance commerciale exceptionnelle. À fin septembre 2025, l’excédent commercial de la zone a atteint environ 2 400 milliards de FCFA, soit une hausse spectaculaire de 209 % sur un an. Un niveau rarement observé, qui marque un changement notable dans la trajectoire extérieure de l’Union.
Derrière ce chiffre impressionnant, une combinaison de facteurs conjoncturels et structurels, mais aussi des interrogations sur la durabilité de cette embellie.
Une rupture nette après des années de fragilité commerciale
Pendant plusieurs années, la balance commerciale de l’UEMOA a été marquée par des déficits récurrents, sous l’effet de la dépendance aux importations (énergie, biens alimentaires, équipements) et de la volatilité des exportations.
Le basculement observé en 2025 est donc majeur. En moins de douze mois, l’excédent commercial a plus que triplé, passant d’un niveau modeste à 2 400 milliards FCFA à fin septembre. Cette évolution traduit un rééquilibrage rapide des échanges extérieurs, inédit à cette échelle pour la zone.
Exportations en hausse, importations mieux contenues
La performance repose avant tout sur une progression soutenue des exportations. Les produits miniers, au premier rang desquels l’or, ont largement contribué à l’amélioration du solde commercial, profitant de prix internationaux élevés et de volumes robustes.
Les produits agricoles d’exportation – notamment la noix de cajou, le cacao, le café et le coton – ont également joué un rôle clé, soutenus par une demande extérieure solide et des conditions de marché plus favorables.
En parallèle, la croissance des importations est restée relativement maîtrisée, grâce à la baisse de certaines factures énergétiques et à une modération de la demande intérieure dans plusieurs États membres. Ce double mouvement a amplifié mécaniquement l’excédent commercial.
Un signal fort pour la stabilité macroéconomique régionale
Cet excédent record n’est pas qu’un bon chiffre sur le papier. Il a des effets concrets sur les équilibres macroéconomiques de l’UEMOA. La hausse des recettes d’exportation a contribué au renforcement des réserves de change, améliorant la capacité de la zone à couvrir ses importations et à préserver la stabilité du franc CFA.
Pour les États, cette amélioration offre aussi une marge de manœuvre budgétaire et financière, dans un contexte marqué par des besoins de financement élevés et des conditions d’accès aux marchés encore sélectives.
Une embellie à consolider, pas à surinterpréter
Malgré son ampleur, cet excédent reste en grande partie conjoncturel. Il demeure fortement dépendant des cours internationaux des matières premières, par nature volatils. Une correction brutale des prix de l’or ou des produits agricoles pourrait rapidement réduire le surplus commercial.
Par ailleurs, la structure des exportations de l’UEMOA reste peu diversifiée, limitant l’impact de cette performance sur la transformation économique et la création d’emplois à grande échelle.
Une fenêtre d’opportunité pour changer de cap
L’explosion de l’excédent commercial en 2025 offre néanmoins une opportunité stratégique. Elle rappelle que l’UEMOA peut améliorer durablement sa position extérieure si elle parvient à transformer ses rentes d’exportation en investissements productifs, industriels et agricoles.
À 2 400 milliards FCFA, l’excédent commercial est un signal fort. Le véritable enjeu, désormais, est de savoir si cette performance restera une parenthèse favorable… ou le point de départ d’un nouveau cycle économique plus équilibré.
La Rédaction



