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Mali : L’éducation portée au rang de priorité politique pour 2026.

Longtemps reléguée derrière les urgences sécuritaires et institutionnelles, l’éducation revient au centre du débat politique malien. À l’orée de 2026, elle n’est plus seulement présentée comme un secteur social à soutenir, mais comme un levier stratégique de stabilité, de souveraineté et de développement économique.

Ce repositionnement, porté à la fois par la société civile, les autorités traditionnelles et les partenaires internationaux, traduit une conviction de plus en plus partagée : sans école fonctionnelle, aucun redressement durable n’est possible.


Un signal politique venu de la société

Le tournant s’est cristallisé lors des vœux de Nouvel An à Bamako, où les familles fondatrices et plusieurs figures morales ont appelé explicitement à faire de l’éducation une priorité politique en 2026.
Le message est clair : l’école n’est plus un simple service public, mais un socle de cohésion nationale, dans un pays marqué par plus d’une décennie de crises.

Cette interpellation publique n’est pas anodine. Elle reflète une attente sociale forte dans un contexte où l’exclusion éducative alimente les fractures territoriales, économiques et générationnelles.


Un système éducatif fragilisé par les crises

Les chiffres disponibles dressent un constat préoccupant. En 2025, plusieurs milliers d’écoles sont restées fermées, principalement dans les zones touchées par l’insécurité. Résultat : plus de 600 000 enfants privés d’un accès régulier à l’enseignement.

À cela s’ajoutent :

  • une dégradation de la continuité pédagogique,
  • des taux de décrochage scolaire élevés,
  • et un creusement des inégalités entre zones urbaines relativement épargnées et zones rurales fragiles.

L’éducation apparaît ainsi non seulement comme une victime collatérale des crises, mais aussi comme un facteur aggravant lorsque le système se désagrège.


Le budget 2026 : vers une réorientation des priorités

Face à ce constat, les orientations budgétaires pour 2026 marquent un changement de ton. Le ministère de l’Éducation nationale met en avant plusieurs axes structurants :

  • Réhabilitation et création d’établissements scolaires, notamment dans les zones à fort déficit d’infrastructures.
  • Réduction du décrochage scolaire, par des mesures d’accompagnement social (cantines, soutien aux familles vulnérables).
  • Renforcement des équipements pédagogiques, avec une place accrue accordée au numérique éducatif.
  • Amélioration des conditions d’enseignement, incluant la formation et la stabilisation du corps enseignant.

Sans être encore chiffrée comme une “révolution budgétaire”, cette orientation traduit une volonté : passer d’une gestion d’urgence à une logique de reconstruction du capital humain.


L’éducation comme investissement économique

Au-delà du discours politique, l’enjeu est économique. Dans un pays où plus de la moitié de la population a moins de 20 ans, l’éducation conditionne :

  • la qualité future de la main-d’œuvre,
  • la capacité d’absorption des investissements,
  • et la résilience de l’économie face aux chocs externes.

Les partenaires internationaux, dont l’UNICEF et l’UNESCO, insistent sur ce point : chaque année de scolarisation perdue aujourd’hui coûtera plusieurs années de croissance demain. Leur appui se concentre sur l’éducation en contexte de crise, la gouvernance du système éducatif et la professionnalisation des enseignants.


Un pari politique sur le long terme

Faire de l’éducation une priorité en 2026 ne produira pas de résultats spectaculaires en quelques mois. C’est un pari de long terme, dans un environnement contraint par la sécurité et les finances publiques.

Mais c’est précisément ce qui donne du poids à ce choix. En mettant l’école au cœur de l’agenda, le Mali change de temporalité politique : il investit dans ce qui ne rapporte pas immédiatement, mais conditionne tout le reste.


Dans un pays éprouvé par les urgences, choisir l’éducation, c’est refuser la politique du court terme. Si 2026 tient ses promesses, le Mali pourrait redécouvrir une vérité simple mais exigeante : aucune souveraineté durable ne se construit sans salles de classe ouvertes, maîtres formés et enfants scolarisés.

La Rédaction

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