Riz : L’Inde frôle son record historique avec 21,55 millions de tonnes exportées en 2025.
En 2025, l’Inde a confirmé son statut de pilier central de la sécurité alimentaire mondiale. Premier exportateur de riz au monde, le pays a expédié 21,55 millions de tonnes sur les marchés internationaux, frôlant ainsi son record absolu de 2022, établi à 22,3 millions de tonnes.
Dans un contexte de tensions sur les marchés agricoles et de forte dépendance de nombreux pays importateurs, cette performance constitue un tournant majeur pour les équilibres mondiaux du riz.
Une reprise spectaculaire après deux années de restrictions
Ce quasi-record marque un net rebond. Entre 2022 et 2024, New Delhi avait imposé des restrictions sévères à l’exportation afin de protéger son marché intérieur face à l’inflation alimentaire et aux aléas climatiques.
En mars 2025, le gouvernement indien a levé l’ensemble de ces mesures. Résultat immédiat :
les exportations ont progressé de près de 20 % sur un an,
les volumes ont retrouvé des niveaux proches de ceux de l’avant-restrictions, et l’Inde a rapidement repris des parts de marché à ses concurrents asiatiques.
Non-basmati et basmati : deux moteurs complémentaires
La performance de 2025 repose sur une dynamique équilibrée entre les deux grands segments du riz indien.
Le riz non-basmati en locomotive
Principal produit d’exportation, le riz non-basmati a enregistré une hausse d’environ 25 %, avec plus de 15 millions de tonnes expédiées. Très compétitif en prix, il alimente en priorité les marchés africains et asiatiques, où il constitue une denrée de base.
Le basmati a un niveau record
Le riz basmati, plus premium, n’est pas en reste. Les exportations ont atteint environ 6,4 millions de tonnes, un record historique pour cette variété prisée au Moyen-Orient, en Europe et en Amérique du Nord.
Cette double performance confirme la capacité de l’Inde à jouer à la fois sur les volumes et sur la valeur.
Des effets directs sur les prix mondiaux
Le retour en force de l’Inde sur le marché international n’est pas resté sans conséquences. L’abondance de l’offre indienne a contribué à :
- faire reculer les prix mondiaux du riz,
- ramener les cotations asiatiques à leurs plus bas niveaux depuis près de dix ans,
- et soulager la facture alimentaire de nombreux pays importateurs.
Pour l’Afrique, fortement dépendante des importations de riz, cette évolution représente un allègement bienvenu des tensions sur les marchés alimentaires, après plusieurs années de flambée des prix.
Une pression accrue sur les concurrents asiatiques
Cette montée en puissance indienne a toutefois un revers pour d’autres grands exportateurs. La Thaïlande et le Vietnam, confrontés à des coûts plus élevés et à des volumes plus limités, ont vu leur compétitivité s’éroder face à une Inde capable de proposer des prix bas et des volumes massifs.
En clair, en 2025, le marché mondial du riz s’est à nouveau organisé autour de l’Inde.
Un enjeu stratégique au-delà des chiffres
Avec plus de 40 % du commerce mondial du riz, l’Inde n’est pas qu’un simple exportateur : elle est un acteur systémique. Ses décisions politiques, restrictions ou libéralisation influencent directement :
- les prix alimentaires mondiaux,
- la sécurité alimentaire de centaines de millions de consommateurs,
- et les équilibres économiques de nombreux pays importateurs, notamment en Afrique.
La performance de 2025 illustre ainsi une réalité centrale : le riz est devenu un enjeu géopolitique autant qu’économique.
Avec 21,55 millions de tonnes exportées, l’Inde n’a peut-être pas battu son record, mais elle a fait mieux : elle a rappelé qu’en matière de riz, le marché mondial reste suspendu à ses décisions. Quand New Delhi ouvre les vannes, ce sont les prix, les équilibres et la sécurité alimentaire de continents entiers qui s’en trouvent transformés.
La Rédaction



