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UEMOA : La liquidité bancaire marque le pas au troisième trimestre 2025.

Au troisième trimestre 2025, la liquidité bancaire dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) s’est établie à environ 4 350 milliards de francs CFA, enregistrant une contraction modérée par rapport au trimestre précédent. Les données publiées par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) font état d’un recul de l’ordre de 44 milliards FCFA entre fin juin et fin septembre.

Derrière ce chiffre, pas de tempête financière, mais plutôt un ajustement progressif des équilibres monétaires dans un contexte de normalisation de la politique bancaire régionale.


De quoi parle-t-on exactement ?

La liquidité bancaire correspond à l’ensemble des ressources immédiatement disponibles pour les banques afin de financer l’économie, honorer les retraits et respecter leurs engagements. Elle repose sur deux piliers :

  • la liquidité propre des banques (trésorerie, dépôts, encaisses),
  • le refinancement accordé par la BCEAO, qui joue un rôle central de soutien.

Dans l’UEMOA, ce mécanisme est essentiel pour éviter les tensions de trésorerie et garantir la stabilité du système financier.


Moins de refinancement, plus d’autonomie

La contraction observée au troisième trimestre s’explique principalement par une baisse du recours des banques au refinancement de la BCEAO, qui a diminué de plus de 120 milliards FCFA sur la période.

En parallèle, la liquidité propre des banques s’est légèrement améliorée, réduisant le déficit structurel hors refinancement. Autrement dit, les établissements bancaires ont commencé à mieux s’appuyer sur leurs ressources internes, un signal plutôt sain dans un environnement monétaire maîtrisé.


Une évolution qui ne sonne pas l’alarme

Contrairement aux apparences, ce repli ne traduit ni une crise de liquidité, ni une fragilisation du secteur bancaire. Plusieurs éléments viennent tempérer l’analyse :

  • la BCEAO continue de satisfaire intégralement les demandes de refinancement exprimées par les banques ;
  • les taux directeurs sont restés inchangés, maintenant un cadre monétaire accommodant ;
  • la contraction est limitée en ampleur et intervient après plusieurs trimestres de liquidité abondante.

Il s’agit donc davantage d’un rééquilibrage technique que d’un signal de stress financier.


Un contexte régional sous surveillance

Cette évolution intervient dans une UEMOA confrontée à des défis persistants : besoins de financement des États, pression sur les finances publiques, inflation maîtrisée mais toujours surveillée. Dans ce contexte, la gestion fine de la liquidité devient un exercice d’équilibriste entre soutien à la croissance et discipline monétaire.

La BCEAO, en maintenant une posture prudente mais réactive, continue de jouer son rôle de chef d’orchestre monétaire, garantissant la fluidité du crédit sans excès.


À 4 350 milliards de FCFA, la liquidité bancaire de l’UEMOA recule, certes, mais ne vacille pas. Elle s’ajuste, se rationalise et s’adapte à une nouvelle phase du cycle économique. Dans une région où la stabilité financière reste un enjeu stratégique, ce léger repli ressemble moins à un signal d’alerte qu’à un rappel : la solidité d’un système ne se mesure pas à l’abondance permanente, mais à sa capacité à absorber les ajustements sans perdre l’équilibre.

La Rédaction

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